Résumé

Arnaud Berquin Le Livre de famille, suivi d'un Choix de lectures (1878)

MADAME DE PREVAL. — Et Léonor ?
MARGUERITE. — Oh ! madame, nous ne sommes pas dignes d'approcher d'elle et de lui parler. Elle est trop grande demoiselle pour nous. Elle n'est pas faite pour s'abaisser jusqu'à de pauvres gens comme nous le sommes.
MADAME DE PREVAL, avec indignation. — Comment donc!
LÉONOR, confuse. — N'en croyez rien, maman, je vous prie.
MADAME DE PREVAL. — N'en croirai-je pas ce que je vois et ce que j'entends ? Otez-vous de devant mes yeux. Dupe que j'étais de ma folle tendresse ! Pauvre Julie ! que n'ai-je connu plus tôt ton bon cœur !
Source : Gallica

Arnaud Berquin Le Livre de famille, suivi d'un Choix de lectures (1878)

THIBAUT. — Il est vrai. Mais si nous avions sauvé notre bétail, si nos foins avaient rendu cette année, nous aurions de quoi payer cette somme, et une autre fois au delà.
MARGUERITE.— Ah mon ami ! qu'allons-nous devenir?
THIBAUT. — Ne perdons pas courage, ma femme. Nos mains valent de l'or. Tant que nous aurons de la force et de la santé, notre dette peut se payer avec le temps.
C'est toute ma consolation. Je mourrais bien vite d'étouffement de cœur, si je croyais qu'en mettant un écu au bout l'un de l'autre, je ne parviendrais pas à la fin à me libérer.
Source : Gallica

Arnaud Berquin Le Livre de famille, suivi d'un Choix de lectures (1878)

ÉDOUARD à Émilie. — Pourquoi te mêler de ce qui ne te regarde pas ? (A Charles.) Si je casse quelque chose, au moins c'est notre bien.
CHARLES. — Je te demande pardon, mon cher Édouard. Le bien de nos parents n'est pas à nous.
Nous ne possédons rien encore.
ÉDOUARD. — Si jamais tu deviens maître, je vois que tes domestiques pourront briser tout ce qu'ils voudront.
CHARLES. — Tout ce qu'ils voudront, dis-tu? Je ne crois pas qu'il y ait des domestiques qui brisent quelque chose de gaieté de cœur. C'est toujours par un accident; et à ce titre, il me semble qu'ils doivent trouver grâce.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature