Résumé

Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu La Jeune aveugle, suivie de la Poupée bienfaisante… (1829)

ÉMILIE.
Non, chère enfant, on vit alors éternellement et toujours heureux.
HÉLÈNE.
Heureux? Et si l'on est aveugle, c'est bien triste de l'être éternellement !
EMILIE.
Tu ne serais plus aveugle, chère enfant ; on n'emporte dans le ciel aucune des infirmités de la terre.
HÉLÈNE.
Ah! que je me réjouirais d'y être! Mais tu y seras aussi ! Emilie, tu es si bonne ! Si tu n'y étais pas, je ne voudrais plus y être, quand même je pourrais tout voir.
MARIA.
Mon amie Charlotte ira-t-elle aujourd'hui au ciel avec sa bonne maman? Je crois bien que oui, car elle ne la quittait jamais.
Source : Gallica

Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu La Jeune aveugle, suivie de la Poupée bienfaisante… (1829)

EMILIE.
Oui,c'est une céleste matinée; le printemps revient dans toute sa beauté, et ces oiseaux jouissent de voltiger sur le nouveau feuillage.
HÉLÈNE.
Arthur et Maria sont bien loin de nous, je crois, car je n'entends plus leurs voix. Et toi, chère Emilie, comme tu es bonne de rester avec moi ! Si tu me conduisais sur un banc , j'y resterais bien tranquille ; alors tu pourrais aussi courir,
EMILIE.
Non, non, ma chère, je n'en ai nulle envie; j'aime mieux causer avec toi.
HÉLÈNE.
Je ne sais pas comment il arrive que ce qui fait plaisir aux autres est toujours ce que tu aimes le mieux
Source : Gallica

Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu La Jeune aveugle, suivie de la Poupée bienfaisante… (1829)

ARTHUR.
Non, non ; ce sont bien de petites bêtes qui filent la soie, et qu'on appelle des vers à soie. J'en ai vu qui faisaient de charmans pelotons : ah ! que c'était joli !
HÉLÈNE, soupirant.
Tu es heureux de voir tout cela! mais je comprends, c'est comme le bon miel qui est si doux; ce sont aussi de petites bêtes qui le font et qui l'enferment dans de petites loges; Emilie me l'a raconté, et je ne l'ai pas oublié. Sans doute que les petites bêtes font tout plus beau , meilleur et plus doux que les hommes ?
ARTHUR, éclatant de rire.
Source : Gallica

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