Arsène Houssaye,
Blanche et Marguerite, par Arsène Houssaye
(1864)
“ PLUVIOSE I Il s'est passé toute une saison depuis ce beau jour où Marguerite pleurait sur le bord du chemin au passage de Raoul. L'amour de Marguerite, loin de s'apaiser aux obstacles, s'est allumé de plus en plus, comme ces incendies que battent les mauvais vents. Ce n'est plus la folle et mutine Marguerite : au lieu de sourire, elle rêve; au lieu de chanter, elle soupire; la mélancolie est venue dans son coeur, la gaieté s'en est envolée ! Hélas! elle aime; elle arrose encore ses fleurs aimées; dans ses extases, elle regarde toujours le tilleul, la girouette, le ciel, la fenêtre de Raoul ”
