Horace de Viel-Castel

Horace de Viel-Castel

Résumé

Portrait de Horace de Viel-Castel Horace de Viel-Castel La noblesse de province. Volume 2… (1839-1842)

Bertrand de Kergoët hésita quelques secondes, et quand il reprit la parole, sa voix dénotait une agitation intérieure profondément douloureuse.
— Il s'est passé de tristes événements, j'ai perdu mon père, et moi-même j'ai eu des chagrins qui m'ont péniblement préoccupé.
— Tu as eu des chagrins, toi, mon pauvre Bertrand; je devrais l'avoir deviné, rien qu'en t'examinant ; tu as l'air bien plus vieux que tu ne l'es réellement ; ta tête est presque dépouillée de cheveux, tes traits sont flétris, et tu n'as plus cette expression de santé et de joie que j'admirais autrefois sur ta figure.
Source : Gallica

Portrait de Horace de Viel-Castel Horace de Viel-Castel La noblesse de province. Volume 2… (1839-1842)

BERTRAND DE KERGOET. 299
— Qui vous êtes, Marguerite? m'écriai-je en la saisissant avec transport dans mes bras ; qui vous êtes, ô chère et douce Marguerite, ô ma bien-aimée? vous êtes ma vie, ma destinée, mon bien terrestre; vous êtes la femme vers laquelle Dieu m'a conduit. Avant de vous avoir rencontrée, je marchais seul et isolé sur cette terre ; avant de vous avoir trouvée, j'ignorais les joies de l'existence, une amère tristesse siégeait au fond de mon coeur, et maintenant je vis, et maintenant je chéris cette existence dont votre amour a détruit pour moi toutes les amertumes.
Source : Gallica

Portrait de Horace de Viel-Castel Horace de Viel-Castel La noblesse de province. Volume 2… (1839-1842)

Un gentilhomme qui ne peut porter les armes, mon cher enfant, doit vivre sur sa terre, si petite qu elle soit, dans le château de ses pères, si la révolution ne le lui a point rasé. Quand un gentilhomme ne peut porter l'épée, il lui reste encore un moyen de servir son roi, et lorsque je dis son roi, je dis aussi son pays ; car le roi, c'est le pays, les institutions, la paix publique, la tranquillité. Quand il n'y a plus eu de roi, les révolutionnaires proclamèrent en vain que la patrie c'était le sol; ne croyez jamais un pareil mensonge, Bertrand
Source : Gallica

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