Émile Souvestre,
Les Derniers Bretons
(1843)
“ Le Breton est comme ces anciens Germains qui ne laissaient point voir leur sang à l' ennemi . Quand viennent les frissons de désespoir , il a d' ailleurs de sûrs moyens de les combattre . Si c' est une âme à belle trempe que n' a pas ébréchée la douleur , il marche à l' église , donne sa démission de la gloire terrestre et se fait candidat du paradis ; si , au contraire , c' est un homme dont les forces se sont affaissées dans la lutte , et qui ne peut plus lever les yeux aussi haut que le ciel , il court au cabaret , boit et tue ce qui peut lui rester d' inquiètes pensées . ”
