Résumé

Portrait de Paulin Paris Paulin Paris Les Romans de la Table ronde

GALEHAUT. Sire, il n’en est rien.
ARTUS. Je doute qu’il soit de la mienne : il n’y a pas un prud’homme parmi mes chevaliers dont je ne connaisse le nom et la race.
GAUVAIN. N’en parlons plus, sire ; nos questions pourraient fatiguer monseigneur Galehaut.
GALEHAUT. Ne le croyez pas ; mais je demanderai à mon tour au roi s’il a jamais vu un chevalier plus vaillant, plus digne de louange que celui qui porta les armes noires.
ARTUS. Non ; il n’est pas d’homme que j’aie plus grand désir de voir et garder à ma cour.
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Ce n’est plus un homme, c’est un démon auquel il croit avoir affaire : il se garde, il se dérobe ; c’en est fait, l’invincible sera vaincu ; adieu sa renommée, adieu la conquête de la dame qu’il aime. Le sang perdu, les blessures ouvertes, le soleil ardent tombant à plomb sur son heaume décerclé, tout rend sa défaite inévitable. Il recule, il se roule, il se dérobe efforts inutiles, un coup suprême le fait tomber sur les mains, et quand il essaye de se relever, Gauvain lui pose un genou sur la poitrine, délace son heaume et du pommeau de son épée le frappe au front, au visage.
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Moi, Lucius, empereur, seigneur et maître de Rome et des Romains, fais savoir à mon ennemi le roi Artus ce qu’il a mérité par sa conduite envers moi et la puissance romaine. Je suis non moins indigné que surpris de voir un orgueilleux Breton lever la tête contre Rome. Comment n’as-tu pas craint de courroucer la maîtresse du monde, tant que tu me savais en vie ? Tu apprendras bientôt ce qu’on gagne à ne pas nous rendre ce qu’on nous doit, à pousser l’insolence jusqu’à refuser le tribut qui nous appartient.
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