Jacques Boulenger, La Mort d’Artus
“ Au matin, Keu le sénéchal et Giflet entrèrent, désarmés, et voyant son seigneur étendu sans mouvement, les bras en croix, Keu le crut trépassé du siècle. Il se jeta à genoux. — Ha, roi Artus, s’écria-t-il, c’est grand dommage que tu sois mort ! Mais le roi se souleva et embrassa son sénéchal ; et non point par courroux, mais par angoisse et amour, il le serra si fort sur sa poitrine qu’il le froissa tout et lui creva le cœur. Ainsi l’âme de Keu lui partit du corps ; quand le roi le laissa, il tomba mort. ”
