Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger La Mort d’Artus

Au matin, Keu le sénéchal et Giflet entrèrent, désarmés, et voyant son seigneur étendu sans mouvement, les bras en croix, Keu le crut trépassé du siècle. Il se jeta à genoux.
— Ha, roi Artus, s’écria-t-il, c’est grand dommage que tu sois mort !
Mais le roi se souleva et embrassa son sénéchal ; et non point par courroux, mais par angoisse et amour, il le serra si fort sur sa poitrine qu’il le froissa tout et lui creva le cœur. Ainsi l’âme de Keu lui partit du corps ; quand le roi le laissa, il tomba mort.
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Jacques Boulenger La Mort d’Artus

Lorsqu’ils entendirent Lancelot parler ainsi, tous ceux qui étaient là sentirent l’eau du cœur leur monter aux yeux.
Gauvain, dit le roi, beau neveu, faites ce dont Lancelot vous prie, car jamais un prud’homme n’en offrit autant à un autre pour se racheter !
— Les prières n’ont ici que faire, répondit messire Gauvain : j’aimerais mieux d’avoir le cœur arraché de la poitrine que de renoncer à ma bataille. Soit ma mort, soit ma vie ! J’ai si grande douleur du trépas de Gaheriet, qu’il m’est plus doux de mourir que de vivre sans l’avoir vengé.
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Jacques Boulenger La Mort d’Artus

« Fuyez ! fuyez ! voici messire Lancelot qui vient au secours de madame ! » Et, en effet, une troupe de chevaliers arrivaient à toute bride par la plaine, heaumes lacés, lances sur feutre ; et Lancelot galopait en tête, sur un haut destrier pie, plus allant que cerf de lande.
— Ha, traître cœur, cria-t-il à Agravain du plus loin qu’il put, voici votre mort !
Ce disant, il lui courut sus, la lance allongée, et il appuya si rudement son coup que le fer traversa l’écu, le bras, le haubert, le corps et parut outre l’échine, en sorte que le félon tomba mort.
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