Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Le Château aventureux

Et comme la sœur du chevalier entrait à ce moment, il fit sortir Lionel et lui dit :
— Ha, demoiselle, vous avez tant fait pour moi, qu’il n’y a pucelle au monde que je chérisse autant que vous !
— Sire, je vous aime de bon amour depuis le jour que je vous vis, et plus que pucelle jamais n’aima chevalier. Jurez-moi que vous serez mon loyal ami à toujours et que vous n’en aimerez nulle autre, tant que vous trouverez en moi loyauté.
— Demoiselle, je vous dirai ce que jamais je n’ai dit à personne : j’aime en un haut lieu, et jamais je ne fausserai mes amours.
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Jacques Boulenger Le Château aventureux

Ce que voyant, la demoiselle craignit que le venin ne montât sur le cœur : elle fit couvrir Lancelot de toutes les couvertures, de toutes les robes qu’on put trouver et qu’elle envoya chercher dans une maison voisine. Et ainsi demeura-t-il jusqu’au lendemain, souffrant plus encore de la chaleur que du venin, suant à force, incapable de remuer et de parler, et pensant à sa dame et au chagrin qu’elle aurait de sa mort, plus qu’à lui-même.
On avait dressé un pavillon pour l’abriter, et la vieille, les demoiselles, le chevalier et ses gens le veillèrent toute la nuit.
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Jacques Boulenger Le Château aventureux

Je ne suis qu’un chevalier. Mais dis-moi : n’as-tu pas vu passer par ici cinq hommes et trois pucelles ?
— Un chevalier ? Je n’ai jamais entendu parler de chevalier. Mais vous êtes plus beau que Dieu, luisant de la sorte... Qu’est-ce que vous tenez à la main ?
— C’est une lance, valet.
— Voulez-vous dire que vous lancez cela comme je fais mes javelots ?
— Non, certes ! On en frappe de près ceux contre qui l’on bataille.
— Mes javelots valent donc mieux, car j’en atteins bêtes et oiseaux d’aussi loin qu’on pourrait tirer une flèche.
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