Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Les Romans de la table ronde (1922)

Lancelot aurait assez à faire d’un chevalier. Il prétend être plus vaillant que tout le monde !
— Ne vous souciez de cela, sire Keu, reprit Lancelot. Quand j’aurai fait ma bataille contre trois, vous ne voudrez être le quatrième pour toute la terre du roi Artus.
— Lancelot, dit le roi, il est vrai que vos prouesses sont connues, mais vous avez entrepris une bien grande chose en prétendant fausser mon jugement ; jamais chevalier ne l’a osé. Et vous tentez follement. À Dieu ne plaise que je laisse faire en ma cour un combat si inégal !
— Sire, s’écria Galehaut, ce n’est pas droit, en effet !
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Jacques Boulenger Les Romans de la table ronde (1922)

Lancelot piquait des deux derrière lui, lorsque la reine, écartant son voile, révéla son visage : ainsi le soleil dissipe une nuée. Et, voyant soudain ce qu’il aima toujours plus que sa vie, il tomba en extase. Son destrier las, qui avait soif et ne se sentait plus mené, s’approche de l’eau pour s’abreuver ; la berge était haute : le cheval tend le cou, le pied lui manque, il choit dans la rivière profonde : Lancelot demeure les yeux fixés sur la reine. Le cheval perd ses forces, il coule, et déjà l’eau monte aux épaules du chevalier fasciné ; mais toujours il contemple sa dame.
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Jacques Boulenger Les Romans de la table ronde (1922)

Déjà, la reine Guenièvre le regardait avec douceur et priait Dieu de faire prud’homme celui à qui il avait donné une si belle apparence. Et quant au valet à la blanche robe, toutes les fois qu’il pouvait jeter à la dérobée les yeux sur elle, il s’émerveillait de sa beauté, à laquelle celle de la Dame du Lac ni d’aucune autre ne lui semblait comparable ; en quoi certes il n’avait point tort, car la reine Guenièvre était la dame des dames et la fontaine de vaillance.
— Comment a nom ce beau valet ? demanda-t-elle.
— Dame, je ne sais, répondit Yvain.
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