Jacques Boulenger

Élements biographiques

Jacques Boulenger,  Les Romans de la table ronde (1922)

“ Adieu, dame ! Et vous répliquâtes : Adieu, beau doux ami ! Et jamais plus ce mot ne m’est sorti du cœur. C’est lui qui me rendra prud’homme, si je le suis jamais. Il m’a garanti de tous maux. Il m’a sauvé de tous les périls. Il m’a rassasié lorsque j’avais faim. Il m’a fait riche en ma pauvreté.
— Ma foi, Dieu soit béni de me l’avoir fait dire ! Mais je ne lui donnais pas tant d’importance et je l’ai dit à maint chevalier sans y songer. S’il vous fait prud’homme, c’est que vous n’avez point le cœur d’un vilain.
”
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Jacques Boulenger,  Le Saint Graal

“ Messire Gauvain regarda celui qui le conseillait ainsi, et, le voyant si prud’homme, il lui avoua tout ce dont il se sentait coupable envers Notre Seigneur, et d’abord qu’il ne s’était pas confessé depuis quatorze ans.
— Sire, lui dit le prêtre, quand vous reçûtes l’ordre de chevalerie, ce ne fut point pour devenir le serviteur de l’Ennemi, mais pour que vous fussiez le champion de Dieu et rendissiez à votre Créateur le trésor qu’il vous avait donné à garder : c’est votre âme. Et voilà que votre vie a été la plus mauvaise et la plus souillée qu’un chevalier ait jamais menée !
”
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Jacques Boulenger,  Le Château aventureux

“ Ci-git Galehaut, le fils à la belle géante, sire des Îles lointaines, qui pour l’amour de Lancelot du Lac mourut.
D’abord qu’il eut lu cela, car il savait de lettres, Lancelot tomba pâmé ; puis, revenu à lui, il se mit à frapper ses poings l’un contre l’autre, à égratigner son visage au point d’en faire jaillir le sang, à s’arracher les cheveux, à se frapper la face à grands coups, et à pleurer amèrement, maudissant l’heure où il était né, puisqu’un si prud’homme était mort pour lui ; enfin il courut chercher son épée, décidé à s’occire.
”
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