Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Revue des Deux Mondes

Si je cite ainsi ce trop ingénieux ouvrage, — dont le début contient au reste d’excellentes observations sur l’esthétique, — c’est pour montrer qu’il est toujours de bons esprits pour voir en maître François un mystagogue fort horrifique. Hélas ! tout porte à croire qu’il y en aura toujours. C’est peut-être que le prodigieux ouvrage de Rabelais est peu concevable à nos têtes françaises. Quoi ! un homme de chez nous aurait joyeusement accumulé des centaines de vers inintelligibles à dessein, rassemblé des pages de coq-à-l’âne et de propos sans suite pour le seul plaisir de choquer les mots ?
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Jacques Boulenger Revue des Deux Mondes

C’est que Rabelais ne s’était d’abord proposé que d’écrire pour le peuple : les histoires de géants, surtout le tableau de leur appétit prodigieux, étaient traditionnelles, et maître François avait eu grand soin de prendre comme enseignes et personnages principaux des héros si goûtés. On s’est longtemps demandé, en effet, si Gargantua était entré dans le folk-lore avant ou après Rabelais ; il n’est plus possible de douter aujourd’hui que le type du géant ne soit antérieur au roman. Pantagruel également était un personnage légendaire.
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Jacques Boulenger Revue des Deux Mondes

Il n’est pas savant comme le sera son fils : au temps de sa jeunesse on ignorait encore cette culture nouvelle de la Renaissance, large et pour ainsi dire équilibrée, où les arts et métiers, les sports même occupent leur place à côté des humanités ; mais il n’est pas ennemi des idées nouvelles et sait en assurer le bénéfice à Gargantua. C’est un homme du xve siècle, comme son fils est un homme de la Renaissance : la différence des deux générations est parfaitement indiquée.
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