N Martin Dupont

Résumé

N Martin Dupont François Rabelais (1910)

Rabelais, lui, a créé une langue la plus imagée qui soit, riche et colorée selon les moindres nuances des sentiments et des pensées qu'elle est appelée à exprimer. Mais, d'autre part que de traits de ressemblance entre Victor Hugo et Rabelais, leur
vocabulaire, leur syntaxe, leur style, leur manière, une façon à eux de voir et de comprendre les choses et leurs relations, l'abondance des détails, la précision poussée jusqu'à la minutie, l'amour des contrastes, la perception immédiate de l'inattendu, toutes qualités qu'on ne rencontre au même degré chez aucun autre de nos écrivains.
Source : Gallica

N Martin Dupont François Rabelais (1910)

Ce sont les deux aspects, très distincts assurément, mais indipensables d'une même vérité, soit philosophique, soit politique. Notre tort, c'est d'avoir donné à ces termes une valeur limitative, comme s'ils pouvaient servir de base à deux doctrines opposables l'une à l'autre.
C'est ce que n'a jamais fait Rabelais. S'il donne pour fondement à sa société idéale cette simple règle : « Fais ce que voudras », qui est la formule de l'individualisme dans ce qu'il a de plus absolu, il se hâte d'ajouter : « Les hommes sont nés pour aide et secours des hommes. »
Source : Gallica

N Martin Dupont François Rabelais (1910)

Cet état particulier de l'âme a pour forme le rire. Oh ! non point ce rire banal, épanouissement facile des esprits sans profondeur, de ce rire méchant que provoque chez certaines âmes sans pitié la vue des travers, des défauts, des difformités et souvent des fautes et des malheurs d'autrui, pas même ce sourire mondain qui ne va jamais sans quelque souci d'intérêt égoïste et de préoccupations personnelles. Le rire de Rabelais est bon, honnête ; c'est le trait caractéristique de l'espèce, ce qu'il y a de plus humain en nous, ce qui nous distingue de la bête et nous met au-dessus d'elle.
Source : Gallica

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