Hermann Ligier

Résumé

Hermann Ligier La politique de Rabelais (1880)

La République signifie la chose du peuple : qui peut contester au peuple le droit de prendre soin de sa chose, et comment les flatteurs osent-ils attribuer le pouvoir absolu au prince, qui n'existe que par le peuple? Quiconque possède par force ou autrement, sans le consentemement du peuple, le gouvernement de la chose publique, n'est qu'un tyran et un usurpateur du bien d'autrui. J'appelle peuple, non la plèbe, mais les Trois Etats réunis, et j'estime les princes eux-mêmes compris dans les Etats-Généraux, ils ne sont que les premiers de l'ordre de la noblesse.
Source : Gallica

Hermann Ligier La politique de Rabelais (1880)

Son style d'airain, glacial et tranchant comme un glaive, est la marque d'une âme endurcie contre tout sentiment humain par cette désolante conviction, que l'humanité est perverse et le demeurera éternellement. Il ne connaît plus la pitié; ceux qui souffrent valent-ils qu'on les plaigne ? Il disserte, sans s'émouvoir, sur le bon et le mauvais usage qu'on peut faire de la cruauté. Il ne s'indigne plus : est-ce que le mal n'est pas l'ordinaire et la règle? Il admire les crimes bien conduits, il applaudit à leur succès.
Ni la Boétie, ni Erasme, ni Montaigne n'aiment vraiment les hommes.
Source : Gallica

Hermann Ligier La politique de Rabelais (1880)

Il faut dire, si l'on veut être juste envers ce grand nom de Machiavel, que le livre du Prince, si horrible qu'il soit, exprime pourtant une intention dont l'auteur a droit de se faire gloire, celle de relever sa patrie, n'importe à quel prix, mais enfin de la relever, de l'unifier et de la rendre puissante. C'est pour accomplir cette grande œuvre que ses vœux appellent un tyran, mais pourvu de courage et de génie, et qu'il lui vient tracer d'avance, à travers le sang et la honte, une route vers la possession de la péninsule tout entière.
Source : Gallica

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