“ Le conteur est Dieu ; comme l’apologue, qui n’est après tout qu’un conte, le conte est un don venu des immortels. Au conteur on doit la vie facile, la récompense abondante. Quel art est le sien ! Comment en parler assez dignement et trop l’élever au-dessus des autres ? Qu’il faut avoir vécu ! ”
Conteur
Définition et enjeux
Le conteur, figure centrale de la tradition narrative, incarne l'art de raconter à travers des histoires, des fables ou des récits imaginaires. De Léon Gozlan, qui le compare à Dieu par la puissance de son don, à Geoffrey Chaucer, qui immortalise les voix populaires dans Les Contes de Canterbury, les auteurs ont exploré ses multiples facettes : entre l'humour et la profondeur, la maîtrise technique et l'émotion.
Diderot, dans Ceci n'est pas un conte, souligne même l'interaction vivante entre le conteur et son auditoire. Ce rôle, à la fois artistique et humain, résonne dans les travaux de Balzac, Sulte ou Andersen, qui mettent en lumière la capacité du conteur à captiver, à instruire ou à transfigurer la réalité.
Citations sur le conteur
Lucien Louis-Lande, Un Romancier espagnol. — Pedro Antonio de Alarcon
“ Conteur facile et agréable, où il excelle, c’est dans la nouvelle, le récit familier ; en dépit de ses négligences, il plaît, il intéresse ; il a ce charme singulier qui rend les défauts moins sensibles et les qualités plus aimables. C’est un talent très personnel, primesautier, fantasque et sérieux à la fois, tout fait d’oppositions et de contrastes, curieux mélange de chaleur et d’humour, d’esprit et d’enthousiasme. ”
Benjamin Sulte,
Historiettes et fantaisies
“ Le conteur, nous voyant sous l’empire d’un saissement facile à comprendre, en profita pour suspendre son récit, allumer sa pipe et tisonner un tantinet le feu de cheminée qui jetait dans la chambre des lueurs tremblottantes. ”
Geoffrey Chaucer,
Les Contes de Canterbury
(1478)
“ On pourrait aisément relever pareils effets dans le conte que fait le valet du chanoine alchimiste, récit coupé d’exclamations indignées et arrêté par de mystérieuses réticences. Car le conteur est l’homme du peuple à qui la langue démange et qui, pourtant, a conscience du péril de trop parler. Et puis, il ne sait trop s’il admire plus ou s’il hait davantage la science de son maître. ”
Edmond About,
De Pontoise à Stamboul
(1884)
“ Mais lorsque le conteur agile et charmant est par surcroît un écrivain classique, un observateur sagace, un penseur profond, un cœur d’apôtre, il lui arrive quelquefois de se faire une place en dépit des pédants parmi les grands hommes du siècle et les bienfaiteurs du genre humain. ”
Denis Diderot,
Ceci n'est pas un conte
“ et pour peu que le conte dure, il est rare que le conteur ne soit pas interrompu quelquefois par son auditeur. Voilà pourquoi j’ai introduit dans le récit qu’on va lire, et qui n’est pas un conte, ou qui est un mauvais conte, si vous vous en doutez, un personnage qui fasse à peu près le rôle du lecteur ; et je commence. Et vous concluez de là ? — Qu’un sujet aussi intéressant devait mettre nos têtes en l’air ; défrayer pendant un mois tous les cercles de la ville ; y être tourné et retourné jusqu’à l’insipidité : ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Ils jettent l’insomnie dans l’hôtel du riche et dans la mansarde du poëte ; ils animent la campagne ; l’hiver ils donnent un reflet plus vif au sarment qui pétille ; grands privilèges du conteur. C’est qu’en effet c’est la nature qui fait les conteurs. Vous aurez beau être savant et grave écrivain, si vous n’êtes pas venu au monde conteur, vous n’obtiendrez jamais cette popularité qui a fait les Mystères d’Udolphe et la Peau de chagrin, les Mille et une nuits et M. de Balzac. J’ai lu quelque part que Dieu mit au monde Adam le nomenclateur en lui disant : Te voilà homme ! ”
Honoré de Balzac,
Contes bruns
“ Les critiques vives, les récits pressés abondent ; les yeux écoutent ; les gestes interrogent ; la physionomie répond ; tout est esprit et pensée. Jamais le phénomène oral qui, bien étudié, bien manié, fait la puissance de l’acteur et du conteur, ne m’avait si complètement ensorcelé ; je ne fus pas seul soumis à ces doux prestiges; nous passâmes tous une soirée délicieuse. Entre onze heures et minuit, la conversation, jusque là brillante, antithétique, devint conteuse, elle entraîna dans son cours précipité de curieuses confidences, plusieurs portraits, mille folies. ”
Jules Delafosse,
Etudes et portraits
(1894)
“ Conteur alerte, abondant et clair, il laisse couler sa veine, comme une fontaine laisse couler son eau, et charme indistinctement tous ceux qui l'écoutent, sans chatouiller jamais un instinct pervers. ”
Hans Christian Andersen,
Contes danois
“ Le conteur peut nous conduire à travers les plus étranges labyrinthes de la fantaisie et de l’imagination. Nous sentons toujours le fil que le philosophe et l’observateur ont remis entre nos mains pour nous y diriger. ”
Mathieu Marais, Contes et nouvelles de La Fontaine (1863)
“ Le même conteur gambade parmi les drôleries irrévérencieuses, et peint en vers magnifiques la majesté des dieux dont le regard perce en un éclair tous les abîmes du coeur. Il ressemble à la nature qui produit tout, le sublime, le vulgaire, et. toujours les contraires, sans préférer l'un à l'autre, impartiale, indifférente, ou plutôt amie de tous, et, comme disent les anciens, mère et nourrice des choses, incessamment occupée à conduire les vivants de tout degré et de toute espèce sous la clarté du jour. ”
Adolphe Mourier,
Notes et souvenirs d'un universitaire…
(1889)
“ Pour ce qui est des mœurs, l'écrivain, sous prétexte de traduire le réel, se garderait de mettre en scène des perversités empruntées aux plus abjects milieux, ou dont sa seule imagination a créé les tableaux; le conteur, chez un peuple voisin, cherche surtout à charmer, à pénétrer le cœur des vertus de la famille ; chez nous, trop souvent, il veut étonner et cherche le succès dans la description du vice et du désordre. ”
Auguste Ducat, La guerre en Afrique (1846)
“ Le conteur n'est jamais interrompu, si ce n'est aux passages les plus dramatiques de son récit ; alors ce sont des exclamations naïves, passionnées, des Allah, des cris, des signes d'émotion ou de frayeur, selonle sexe, l'âge ou le caractère du spectateur. ”
Albert Laberge,
Le destin des hommes
“ Le conteur doit s’inspirer de la vie et créer lui-même les personnages, les scènes, les incidents qui figurent dans son récit. Ses types ressemblent à ceux qui évoluent autour de lui, mais ils sont autres. ”
Laure Bernard, Excursions lointaines : moeurs et coutumes de la Perse (1863)
“ Lorsque les lieux et les circonstances l'exigent, le conteur doit savoir redire les faits historiques, ou mêler les accents de la poésie, et citer les plus beaux passages des meilleurs poëtes pour charmer les oreilles du souverain et de l'auditoire qui l'entoure. Pour dissimuler les ennuis d'une longue marche à travers des plaines arides, le narrateur a recours aux contes de génies et d'enchanteurs ; il décrit des jardins ombragés, des palais remplis de jets d'eau, et son imagination les peuple de créatures plus belles et plus séduisantes que la réalité ne saurait en offrir. ”
Adolphe Dupeuty,
Où est la femme ?
(1864)
“ Il y a une différence notable entre le romancier qui trouve dans son imagination des fictions et des personnages plus ou moins vraisemblables et le conteur qui porte à la connaissance du public un récit véridique. ”
Léon Tolstoï,
L’École de Yasnaïa Poliana
“ Tu interroges l’un ; l’autre veut raconter, — il sait ; se penchant vers toi, il te regarde de tous ses yeux ; à peine s’il peut retenir ses mots ; il suit avidement le conteur, dont pas une faute ne lui échappe. ”
Charles Nodier,
Souvenirs de jeunesse ; Mademoiselle de Marsan…
(1850)
“ Charmé de tenir suspendu à ses lèvres de conteur ce public qui l'aime et l'écoute sans se lasser, il passe tour à tour des fictions du monde réel aux fictions du monde fantastique , et prend pour théâtre les domaines sans limites de sa fantaisie. ”
Charles de Saint-Évremond,
Œuvres mêlées de Saint-Évremond
“ Réglez-vous, Madame, sur l’exemple de Bussi ; faites habiller Fanchon et Grenier [52] en duchesses, et marchez vêtue comme une simple demoiselle, avec le seul charme de votre beauté. Toutes les dames seront prises pour des Fanchons, et la simplicité de votre habit n’empêchera pas que vous ne soyez au-dessus de toutes les reines. Je n’aime pas à faire des contes ; et une vanité, peut-être assez mal fondée, me fait préférer l’expression de ce que j’imagine au récit de ce que j’ai vu. Le métier de conteur est une puérilité dans les jeunes gens, et une foiblesse dans les vieillards. ”
Henri Pourrat et le "Trésor des contes"… (1988)
“ Il s'agit non seulement de respecter la lettre du texte mais aussi et - peut-être surtout - la réalité de la tradition au moment de l'enquête : chaque fois qu'un conte est dit par un conteur, il est un événement classifiable et, au fond, chaque énoncé de conte, fût-il fragmentaire ou allusif, constitue une variante qui prend place dans la collecte. Il s'agit de reconstruire la totalité accessible des thèmes d'une tradition orale qui a, certes, un noyau dur - les grands répertoires encore vivants -mais qui a aussi laissé des traces dans chaque mémoire. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Peut-être que tout l’art du conteur consiste à intéresser à leur propre histoire les coupables qu’il veut ramener, les malheureux qu’il veut guérir. ”
Henri Favre, Balzac et le temps présent (1888)
“ Le conteur est un physiologiste moral d'une perspicacité rare. Il fait voir les hommes flottant en certains types à travers certains mondes, dans la société et dans la civilisation, sous la gouverne et surveillance des Pouvoirs. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Pendant cette benoîte pause, la voix d’un conteur semble toujours délicieuse à nos sens engourdis, elle en favorise le bonheur négatif. Chercheur de tableaux, j’admirais ces visages égayés par un sourire, éclairés par les bougies, et que la bonne chère avait empourprés ”
Louis Bethléem,
Romans à lire et romans à proscrire
(1904)
“ Auteur universel, touche à tout, poète, artiste, historien, il ne reste de lui que le conteur. Ses romans se ressentent de la maladie du temps, l’ennui ; ils sont faibles et d’ailleurs oubliés ; mais ses contes sont de petits chefs-d’œuvre qui parlent encore au cœur. Lire Contes choisis (chez Hetzel) ou L’écrin d’un conteur (chez Charpentier) ; Contes de la veillée. Alexis Noël (Paris, 1867) , a publié quelques ouvrages intéressants. Le bonheur des autres ; Le loup dans la bergerie ”
Saint-René Taillandier,
Revue des Deux Mondes
“ Un conteur qui cite Bellarmin, Luther et les conciles, un romancier qui est obligé de mettre des notes au bas des pages et de vous arrêter au milieu d’une scène émouvante par la production de quelque pièce latine extraite d’un in-folio, ce romancier-là, il faut l’avouer, prend trop au sérieux la tâche morale qu’il veut remplir. ”
Léon Bernis, Contes parisiens (1854)
“ Cette fois, il s'agit d'histoires de ménage. Ah ! ce n'est pas nouveau, dira-t-on, mais je gage, Messieurs, que mon récit a son côté piquant. En effet. mais j'allais tirer le paravent Avant le premier mot, comble de maladresse ! Le talent du conteur, c'est de voiler sans cesse, Surtout le dénouement. Ceci dit, commençons. ”
François-Marie Luzel,
Contes populaires de Basse-Bretagne
“ Les conteurs populaires, les mauvais conteurs, abusent souvent de ce moyen de soutenir l’attention de leur auditoire, et ce n’est que comme type du genre que nous avons cru devoir donner ce récit, tel que nous l’avons entendu. ”
non signé, Revue des Deux Mondes
“ Le Livre des Conteurs, dont le premier volume a seul encore paru, s’est chargé de s’inaugurer et de s’apprécier d’avance lui-même dans une manière de préface, sinon bien modeste et réservée, au moins fort naïve et des plus curieuses. Cette préface nous apprend que les conteurs du livre, conteurs de tous les formats, l’élite de nos conteurs, s’étant un soir réunis en assemblée extraordinaire, se sont d’abord constitués pléiade de Conteurs. Nous sommes les vrais conteurs et les seuls, ont-ils déclaré ; nul ne fera des contes hors nous et nos amis. ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ J'aime à braver ainsi les conteurs de nouvelles;Et sitôt que j'en vois quelqu'un s'imaginerQue ce qu'il veut m'apprendre a de quoi m'étonner,Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire,365Qui l'étonne lui-même, et le force à se taire. ”
Hilarion Ballande,
H. Ballande. La Parole, ou l'Art de dire et d'exprimer…
(1868)
“ En un mot : nous désirons trouver dans l'orateur profane beaucoup plus de l'homme que de l'archange, et dans l'orateur sacré beaucoup plus de l'archange que de l'homme. Nous avons défini l'acteur comique et l'acteur tragique, mais au-dessus d'eux il y a le comédien proprement dit, celui dont le talent, dont le génie embrasse tout l'ensemble de l'art de l'interprétation appliqué à tous les genres, et que nous nommerons le COMÉDIEN THE. Comme ce serait une lacune, dans un ouvrage de cette nature, si nous oubliions de vous en parler, c'est de lui que nous allons vous entretenir. ”
Henri Carton, Histoire des femmes écrivains de la France
“ Ce qui distingue notre nation entre toutes les autres, dit un critique, c’est sa supériorité dans l’art de converser. Le conte, ou la conversation écrite, inaugure notre littérature. Le mouvement lyrique a pu nous manquer parfois, mais tout ce qui tient à la conversation, de l’épigramme à la comédie, préexcelle dans notre langue. ”
Hilarion Ballande,
H. Ballande. La Parole, ou l'Art de dire et d'exprimer…
(1868)
“ Ainsi, l'orateur sacré et le comédien, ne doivent pas se manifester avec la même liberté d'action, il y a des nuances qu'il faut savoir respecter. Pour bien nous entendre à leur égard, nous allons définir les huit sortes d'interprètes que créent les circonstances où l'homme se produit oralement, et les différences d'interprétation qui doivent exister entre eux. Nous en comptons huit; voici leurs noms : Le causeur, le lecteur à haute voix, le professeur, l'avocat, l'acteur comique, roc. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Quelle difficulté que le dialogue, quand on veut surtout que le dialogue ait du caractère ! Peindre par le dialogue et qu’il n’en soit pas moins vif, précis et toujours distingué en restant même banal, cela est monstrueux et je ne sache personne qui l’ait fait dans un livre. Il faut écrire les dialogues dans le style de la comédie et les narrations avec le style de l’épopée. Ce soir, j’ai encore recommencé sur un nouveau plan ma maudite page des lampions que j’ai déjà écrite quatre fois. Il y a de quoi se casser la tête contre le mur ! ”
Augustin Henry, Précis de l'histoire de l'éloquence… (1848-1858)
“ A chaque époque son éloquence. Une autre et quatrième condition du discours, c'est de bien considérer devant qui on le prononce. En effet, on ne doit pas parler devant une chambre comme on parlerait devant le peuple. Le peuple aime les gestes expressifs qui s'aperçoivent de loin et par-dessus les tètes. Il aime les voix chaudes et vibrantes. Soyez naturel avec lui et ne faites pas le comédien. Si vous sentez des larmes rouler dans vos yeux, orateur populaire, ne les retenez pas ! Si quelque mouvement d'indignation bat dans votre poitrine, qu'il en sorte et qu'il se répande. ”
Jean-Baptiste-Charles Vial, Le dessert : contes en vers et poésies diverses (1833)
“ L'époque est aux contes en prose, et nous donnons des contes en vers. Devons-nous espérer que le langage des dieux, comme on disait jadis, ce langage , qui vraiment, dans notre moderne poésie ressemble quelque peu à du patois, ne sera pas , pour les bagatelles que nous publions, un titre de mise hors la loi? Il serait fâcheux que leur forme les exclût de cette faveur dont la mode veut bien, quant à présent, doter le conte, quitte à la lui reprendre un de ces jours pour la transférer à un autre genre de composition. ”
Nicolas de Bohaire-Dutheil, Jésus-Christ ou La véritable religion…
“ Monarque ou Sujet, Général ou Soldat, Auteur ou Danseur, Orateur ou Scribe, avec tous, ce monde est un Théâtre, chacun en est l’Acteur, pour jouer le rôle que le hasard lui a distribué : mais les vertus et les talents, seuls, distinguent le Comédien, tel que soit son genre, sublime ou mince, triste ou gai. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ CONTER, v. a. faire une narration, faire un conte, vrai ou faux, sérieux ou plaisant. Narrare. La principale qualité d’un Historien, c’est de conter bien & nettement ; d’un Avocat, de bien conter son fait, comme la chose est arrivée. Les Voyageurs ennuyent souvent en contant leurs aventures ; un Plaideur en contant son procès. On dit des femmes de mon âge, qu’elles aiment à conter les histoires de leur temps. P. de Cl. On nous a conté de plaisantes choses de ces nouveaux mariés. On dit familièrement, il nous a conté de fil en aiguille toute cette histoire ”
Saint-Marc Girardin,
Du Drame religieux en France
“ Acteurs, auteurs, spectateurs, chacun fait bande à part. Les acteurs sont des comédiens attitrés, hommes de grand talent et de grande étude, qui de leur profession ont fait un art, et non pas des hommes pris hier entre nous pour y rentrer demain. Les auteurs sont des hommes de lettres qui ont inventé un sujet de comédie ou de tragédie dans leur cabinet, et qui viennent l’exposer au public, dont il faut satisfaire la curiosité. ”
Pierre Mille,
L'Écrivain
(1925)
“ J’entends par là que c’est mon métier. De quoi je ne me sens ni fier ni honteux. Si le conte est devenu, en quelque sorte, ma spécialité, je crains bien qu’il n’y ait eu là une grande part de hasard. J’ai commencé d’écrire assez tard, après avoir embrassé — je vous l’ai dit — pas mal d’autres professions : car je fus clerc d’avoué, apprenti diplomate et fonctionnaire colonial, enfin voyageur et journaliste. Entre temps, j’avais toutefois écrit un roman, comme tout le monde. Mais il y a, pour les débutants, des périodes de vaches grasses et de vaches maigres. ”
