Pierre Mille,
L'Écrivain
(1925)
“ Que feriez-vous alors des poètes, qui sont malgré tout, n’est-ce pas, l’honneur le plus pur de toute littérature ? Il est assez rare pourtant qu’un poète vive de son œuvre. Ni Baudelaire, ni Leconte de Lisle, ni Heredia n’y sont parvenus. Encore que la tendance actuelle de notre civilisation soit de tout commercialiser, elle ne saurait commercialiser le poète et il n’est pas désirable qu’elle y puisse arriver. Par-dessus tout, le poète doit se plaire à lui-même, et négliger tout le reste. Il doit servir son dieu, et même ne pas songer à vivre de l’autel. ”
