Honoré de Balzac,
Contes bruns
“ « Mais elle n’a pas de paupières ! » s’écriait Muirland. On lui riait au nez, on prétendait que la fièvre le poursuivait encore ; personne, si ce n’est le fermier, ne s’apercevait de cette étrange particularité. La nuit vint : c’était pour Muirland la nuit des noces, car jusqu’à ce moment il n’avait été mari que de nom. La beauté de sa femme l’avait ému, bien que selon lui elle n’eût pas de paupières. Il se promenait donc de braver résolument sa propre terreur, et de profiter au moins de la faveur singulière que le ciel ou l’enfer lui envoyait. ”

