Charles Rabou

Résumé

Charles Rabou,  Contes bruns

“ La veille au soir, de l’antichambre il avait entendu le violon dans lequel soupirait l’ame de Brigitta, et il avait aussitôt reconnu sa voix, car les souvenirs d’amour, si vieux que soient les os d’un homme, ne se perdent pas dans sa mémoire, et c’était ainsi que Brigitte s’était lamentée à un jour de sa vie qu’il n’avait jamais oublié, celui de leurs adieux. D’avoir ainsi cru entendre l’ame de sa maîtresse l’avait jeté durant la nuit dans des perplexités incroyables, et dès le matin il venait demander à Tobias Guarnerius de lui expliquer comment cela avait pu se faire. ”
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Charles Rabou,  Contes bruns

“ Dans le grand lit de damas rouge sur lequel, il y avait bientôt quarante ans, elle l’avait mis au monde, sa vieille mère Brigitta Guarnerius, en proie aux angoisses de l’agonie, achevait de mourir d’un cancer qui la minait depuis long-temps. Penché sur sa poitrine, qui râlait d’une manière horrible, sans qu’une larme brillât dans ses yeux, sans qu’un seul des muscles de son visage exprimât la moindre sympathie pour les atroces souffrances dont il était témoin, Tobias paraissait plongé dans le pressentiment d’un moment solennel et fatal, dont l’attente absorbait toutes ses facultés. ”
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Charles Rabou,  Contes bruns

“ MADAME SAINT-LÉON
Qu’est-ce que prouve la croix de la légion-d’honneur que vous voulez tous avoir ? Jouissance d’amour-propre ; au moins on n’a pas l’air d’une grisette.
ROYER.
On peut très-bien avoir l’air distingué sans cela.
MADAME SAINT-LÉON
Alors pourquoi en aviez-vous acheté un des Indes à votre femme ?
ROYER.
Parce qu’avec la dot qu’elle m’apportait, j’étais tenu à une corbeille convenable, et que dans une corbeille convenable il y a toujours au moins quelques diamans et un cachemire.
”
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