André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Il est tel que l’ont légué à la musique les luthiers de Crémone, vers 1550, avec les quatre cordes accordées en quintes, le manche étroit, et l’ardente volute qui fait chapiteau au bout du cheviller. Qu’il est beau, ce violon, de couleur et de forme. Ses lignes sont un poème de grâce : elles tiennent de la femme et de l’amphore ; elles sont courbes, comme la vie. Et tant de grâce exprime l’équilibre de toutes les parties, la fleur de la force. Dans un violon, tout est vivant. Si je prends un violon dans mes mains, je crois tenir une vie. ”
