Résumé

Portrait de Charles de Brosses Charles de Brosses Lettres familières écrites d’Italie à quelques amis en 1739 et 1740

À mon sens, Naples est la seule ville d’Italie qui sente véritablement sa capitale ; le mouvement, l’affluence du peuple, l’abondance et le fracas perpétuel des équipages ; une Cour dans les formes, et assez brillante ; le train et l’air magnifique qu’ont les grands seigneurs, tout contribue à lui donner cet extérieur vivant et animé qu’ont Paris et Londres, et qu’on ne trouve point du tout à Rome. La populace y est tumultueuse, la bourgeoisie vaine ; la haute noblesse fastueuse, et la petite avide des grands titres : elle a eu de quoi se satisfaire sous la domination de la maison d’Autriche.
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Portrait de Charles de Brosses Charles de Brosses Lettres familières écrites d’Italie à quelques amis en 1739 et 1740

Dans tout le tour extérieur de l’église régnent plusieurs étages de corridors soutenus par des colonnes, et où l’on peut se promener. L’intérieur frappe d’abord, en entrant, par sa magnificence, sa bonne proportion ; sa voûte, moitié en mosaïque, moitié en outremer semé d’étoiles d’or ; par la beauté des grilles des chapelles ; mais surtout par la grande grille qui traverse la nef, toute de cuivre aussi poli que l’or, et d’un excellent ouvrage. C’est une des choses que j’aie vu en ma vie qui m’a le plus satisfait.
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Portrait de Charles de Brosses Charles de Brosses Lettres familières écrites d’Italie à quelques amis en 1739 et 1740

Outre la pluie grosse comme le bras et la fatigue, ma chaise avoit cassé tout net, ce qui fut un vilain trait d’ingratitude de la part de la via Appia, à qui j’avois marqué toute sorte d’amitié. J’entrai dans une auberge ; il n’y avoit, comme de raison, ni vivres ni lits. J’étendis près d’un grand feu une figure de matelas sur le pavé, où je passai quelques heures dans l’agitation d’une violente fièvre, suivie enfin du vomissement qui me soulagea un peu. Je n’avois pour toute consolation que celle d’entendre à mes côtés Lacurne ronfler comme une pédale d’orgue.
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