André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Toutes les fées sourient et n’obéissent qu’à la volupté du moment. Que peut-il y avoir derrière ces murailles, légères comme un voile ? Rien, sans doute. Et à quoi bon déchirer le tissu d’illusion ? On sait bien ce que c’est : la toile lumineuse nous sépare de la réalité. Vois : c’est la misère et la mort quand l’or tombe : le soleil n’y est plus. Ferme donc les yeux à l’ombre. D’où vient le doute absolu de la volupté à l’égard de tout ce qui n’est pas elle ? sinon qu’elle est toute dans le moment, et qu’elle le crée ? Ainsi, la sensation est une façade de Venise sur le Grand Canal. ”

