André Suarès

André Suarès

Résumé

Portrait de André Suarès André Suarès Debussy

Et l’adorable sourire de la mélodie : Je suis heureuse, mais je suis triste, est à la fois d’une profondeur et d’une délicatesse qu’on n’a jamais trouvées ensemble ni jamais égalées. Presque partout, la simplicité des moyens le dispute au raffinement. Il n’est musique près de celle-là qui ne semble ou un peu vide ou trop grossière.
Le charme de l’expression sonore, la beauté d’un orchestre où le génie des timbres fait régner une incomparable unité, la perfection de la phrase vocale, tout concourt à masquer la puissance. L’œuvre paraît simple et facile, à force d’art.
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Portrait de André Suarès André Suarès Debussy

La réserve de Claude Achille est le génie contraire : parfois, elle n’est pas moins puissante que l’entassement, et elle ne donne pas un moindre sentiment de la profondeur ; mais elle les dissimule : peut-être, cette passion concise, ce dédain de tout effort, sont-ils, dans l’ordre pur de l’art, au delà même du pathétique. La plus belle victoire de l’artiste est celle qu’il s’assure sans avoir l’air d’y toucher : au lieu d’une complaisance ou d’une concession facile au goût moins relevé des autres hommes, elle est le sacrifice exquis de l’artiste à sa propre et plus parfaite beauté.
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Portrait de André Suarès André Suarès Debussy

L’immense foule des hommes n’entend à peu près rien : ils sifflent un refrain et ils sont persuadés qu’ils chantent : plus l’harmonie est riche, plus elle leur semble confuse. Rien ne sépare plus les hommes entre eux que leurs ressources sensibles ; mais l’amour-propre leur défend d’en convenir. Cet abîme fait le fond des querelles en art et même en poésie. Écoutez-moi ce triple sourd, qui tranche du bien et du mal en musique, au nom de Rome, du pape et de Minerve. Les uns sont sensibles à ce qui laisse la foule des autres sans la moindre sensation
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