Clément Besse

Résumé

Clément Besse La musique allemande chez nous (1916)

Ils ne conçoivent pas l'intérêt d'un thème, d'un contrepoint, d'un jeu d'instruments à l'orchestre hors d'une idée qui groupe, qui concentre ces effets, et leur donne un sens d'esprit en même temps qu'un sens d'art. Un égrènement de jolis sons, une grappe d'arpèges, des accords savoureux, un trait perlé de violons ne sont pas, pour eux, de la musique. Ce sont des éléments propres à composer le discours sonore. L'important c'est ce discours. Et dans ce discours, ce qui prime c'est l'évocation émue, cordiale ou spirituelle, humoristique, quelquefois gaillarde, d'un sentiment vif et vrai.
Source : Gallica

Clément Besse La musique allemande chez nous (1916)

Ce que l'on sait d'Erasme accueilli par les grands de tous les pays, loué par toutes les nations, montre que l'Italien et l'Allemand, le Français et l'Anglais, pourvu qu'ils fussent un peu initiés aux lettres, se retrouvaient et s'aimaient dans l'humanisme de ce bel esprit.
De même les musiciens de tous les pays se reconnaissaient et s'aimaient dans la culture d'un Mozart et d'un Haendel. Car, tout autant que les lettres humaines, leur musique révélait
les aspects familiers d'une même nature spirituelle, et en exprimait les mêmes nuances sociales.
Source : Gallica

Clément Besse La musique allemande chez nous (1916)

Wagner s'est du premier coup approprié, là-dessus, le langage et Famé des plus pures traditions franciscaines. Dans la Passion il a moins vu le meurtre que le pardon, moins le reproche que la mort du Juste fait aux hommes, que le salut qu'elle leur apporte. Les hautes roches du Golgotha étincellent à ses yeux d'une lumière d'apothéose ; elles gardent le rayonnement du Sermon sur la montagne ; et sur le sol fécondé par le sang divin mille fleurs sont nées.
C'est de cette vision que sont sortis le poème et le drame. Mais la musique adoucit et pacifie encore le spectacle.
Source : Gallica

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