Résumé

Portrait de Gaston Rageot Gaston Rageot La Beauté ; essai d'esthétique historique (1924)

Il y a, en effet, dans la passion telle que nous l'avons vue, quelque chose de trop frénétique pour qu'on n'ait pas cherché à l'envelopper, à la pacifier, à la poétiser, à la transformer, en un mot, en sentiment. Où cela pouvait-il mieux se faire que dans la brume germanique, dans une âme comme celle de Schumann, en qui le rêve a été la source constante d'émotion et de pathétique? Les Amours du Poète chantent l'amour, mais quel amour? L'amour qui rêve, qui espère, l'amour fait de respect dans ses débuts, de pardon et d'indulgence dans son développement, de pitié dans sa fin.
Source : Gallica

Portrait de Gaston Rageot Gaston Rageot La Beauté ; essai d'esthétique historique (1924)

Ce qu'il aime en elle, c'est la grande travailleuse ; ce qu'il chante, c'est tout ce qui s'élève, tout ce qui aspire, car ce qu'il voit dans la nature, c'est précisément le symbole de ce qui est devenu sa morale et sa conviction profonde : à savoir que ce qu'on voit n'est rien, que la volonté de vivre est tout. Le but que l'on poursuit, qu'on l'atteigne ou non, peu importe ! L'homme, c'est un idéal qu'il veut saisir et dont la beauté même est l'effort des mains tendues, même si elles doivent rester liées.
Source : Gallica

Portrait de Gaston Rageot Gaston Rageot La Beauté ; essai d'esthétique historique (1924)

Comme toujours, on avait beaucoup discouru d'esthétique et de morale, et, résumant toutes ces pensées, Verhaeren était arrivé à dire :
— Le bonheur, c'est d'aimer tout. Le génie, c'est de se donner à tout.
Evidemment, le modeste grand homme, quand il avait formulé cette définition, n'avait pensé faire aucun retour sur lui-même ni faire aucune application à son propre cas ; mais cette sublime définition : « Le bonheur, c'est d'aimer tout. Le génie, c'est de se donner à tout », à qui donc convient-elle mieux qu'à lui-même?
Source : Gallica

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