André Gluck

Définition et enjeux

André Charry Les grands musiciens (1910)

Bien qu'il ait cultivé presque tous les genres, sa musique est avant tout scénique ; on lui a même reproché d'abuser de l'effet. Elle a la noblesse, la puissance, l'ampleur vibrante qui emporte l'âme de la foule dans une admiration unanime; mais elle a aussi la profondeur d'expression qui émeut intimement jusqu'aux larmes. Jamais, selon la psychologie musicale de Gluck, le sentiment ne s'est fondu plus entièrement dans l'inspiration pour rejaillir dans l'expression avec plus de clarté, d'intensité, de vérité.
Cet art a la douceur des forts.
Source : Gallica

André Charry Les grands musiciens (1910)

Or les voyages élargissent l'esprit. Au contact des maîtres étrangers, les idées musicales de Gluck prirent un autre cours. Peu à peu il en vint à entrevoir, puis
à adopter ce principe : que l'art étant, avant tout, l'expression de l'âme dans la beauté, la musique, pour remplir son but, doit traduire avec la plus grande intensité ses sentiments les plus secrets comme ses élans les plus passionnés.
Ce sera l'immortel honneur de Glück d'avoir senti et compris cette haute vérité et de l'avoir imposée par une abondance d'inspiration qui éblouit et une noblesse de pensée qui subjugue.
Source : Gallica

André Charry Les grands musiciens (1910)

C'est pour cela que le théâtre de Gluck, malgré son orchestration qui, — plus riche pourtant que celle de l'époque, puisque le maître y a introduit des innovations, — nous semble un peu lourde aujourd'hui, est si puissamment émouvant : l'homme, dans ces soupirs, ces frémissements, ces cris, ces sanglots, entendra toujours son propre cœur soupirer, frémir, crier, sangloter. Et le vigoureux essor de cet art vers la vertu et l'idéal en fait un des plus grands qui aient paru jusqu'à ce jour.
Source : Gallica

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