Résumé

P. Scudo Revue musicale - Reprise de l’Orphée de Gluck

Rameau ne change rien au cadre de la tragédie lyrique créée par Lulli, qui en avait emprunté l’idée aux Italiens ; il n’y ajoute qu’un plus grand développement de l’élément musical, des chœurs plus nourris, une instrumentation plus colorée, des formes mélodiques moins sèches et moins timorées. Eh bien ! c’est ce même système de tragédie lyrique que Gluck s’approprie, qu’il enrichit et qu’il ranime du souffle de son génie. Entre les opéras de Lulli, de Rameau et les chefs-d’œuvre de Gluck, il n’y a de différence que le génie du compositeur et l’état où se trouve la langue musicale.
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P. Scudo Revue musicale - Reprise de l’Orphée de Gluck

C’est le goût de la France qui persiste et reste fidèle à sa tradition en soumettant à sa discipline éclairée les grands artistes créateurs qui viennent lui demander la sanction de leur gloire. Ce n’est donc pas le système de Gluck qui a triomphé dans la lutte mémorable que nous venons de raconter, c’est son génie qui a été plus fort que celui de son rival Piccini, qui était pourtant un musicien de grand mérite ; mais aucun des opéras de l’auteur de Roland, d’Atys et de Didon ne pourrait, je crois, supporter l’épreuve victorieuse que vient de subir l’Orphée de Gluck.
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P. Scudo Revue musicale - Reprise de l’Orphée de Gluck

Physionomie sévère et cœur ardent, philosophe et peintre des passions, musicien d’instinct plus que de savoir, Gluck s’est épris de ce bel idéal de la poésie antique unie à la musique qui a occupé tous les érudits et les beaux esprits de la renaissance, et dont les tentatives de restauration ont amené la naissance de ce merle blanc qu’on appelle l’opéra.
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