Résumé

P. Scudo Revue musicale - 1er avril 1858

On sort d’une représentation de l’Opéra, qui vous a tenu pendant cinq heures cloué sur une stalle étroite, où l’on ne peut livrer passage à son voisin sans se laisser écorcher les genoux, hébété de fatigue, de bruit et de lumière. Tout le monde est d’accord sur l’ennui mortel qu’on emporte d’une représentation de l’Opéra, où tout est factice, depuis ces monstres qui pirouettent et grimacent sur la scène jusqu’à ces êtres sans nom qui remplissent le parterre, et qui vous assourdissent de leurs froides et injurieuses acclamations.
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P. Scudo Revue musicale - 1er avril 1858

Quand j’entends la Fiancée, Fra Diavolo, Zampa, la Dame Blanche, même Joconde, l’Épreuve villageoise, et tant d’autres petits et vrais chefs-d’œuvre de l’ancien répertoire de l’Opéra-Comique, il ne me vient pas à l’idée de demander quels sont les titres universitaires de l’auteur qui m’a ému. La vraie science ressemble à la vertu, qui ne fait jamais parler d’elle, et qui se cache sous les bonnes œuvres, lesquelles nous révèlent sa présence. Paris, comme l’enfer, est pavé d’hommes habiles qui savent le sic et non de toutes choses, et qui parlent toutes les langues, excepté celle des oiseaux.
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P. Scudo Revue musicale - 1er avril 1858

Un répertoire usé, des chanteurs mal dirigés, des ensembles défectueux, des ouvrages d’une longueur accablante, une poétique qu’il serait temps de renouveler, une succession de tableaux fastidieux qui ne disent rien à l’esprit et au cœur une fantasmagorie continuelle qui vous hébête et vous renvoie abasourdi, tel est le triste plaisir qu’on va chercher à l’Opéra depuis plusieurs années. Ce n’est pas à l’homme d’esprit qui dirige aujourd’hui ce grand établissement qu’il faut attribuer la décadence que nous venons de signaler.
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