Résumé

P. Scudo Revue Musicale. — Les Opéras nouveaux…

Le premier duo entre Philémon et Baucis exprimant le bonheur d’une union si longue et si parfaite :
Aimons-nous jusqu’au jour suprême Où la mort doit fermer nos yeux !
est un morceau agréable, bien modulé dans l’ensemble des deux voix, empreint d’un sentiment doux et placide qui est l’accent familier à la muse de M. Gounod. Le chœur qu’on entend au loin, chœur joyeux des habitans de la ville impie, n’a rien de remarquable, si ce n’est la persistance de deux notes du cor qui vous taquinent l’oreille.
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Redevenus jeunes, les deux époux modèles expriment le ravissement qu’ils éprouvent de pouvoir recommencer la vie dans un duo agréable qu’on voudrait plus passionné et d’un style plus large. C’est plutôt un joli nocturne qu’une scène d’amour ardent, comme la situation l’aurait exigé. Nous en dirons autant des couplets galans que Jupiter adresse à Baucis, dont il s’est épris comme un étudiant de première année : c’est froid et peu digne du personnage à qui l’on fait débiter de pareilles fadaises.
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Philémon et Baucis, pour récompense de leurs vertus et de l’hospitalité qu’ils ont offerte de si bon cœur aux dieux voyageurs, ne sont plus changés l’un en chêne et l’autre en tilleul : ils reçoivent de Jupiter reconnaissant un bien plus précieux que l’immortalité, la jeunesse. Jupiter, en voyant Baucis revenue au printemps de ses jours, se prend d’un beau caprice pour sa faible créature, qui, enivrée d’un grain de coquetterie, comme Zerline dans Don Juan, hésite un peu entre le bonheur conjugal et l’idéal qui la sollicite à s’envoler vers,l’espace libre de la passion.
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