Résumé

Giuseppe Carpani Vies de Haydn (traduite de Carpani… (1854)

Avant d'avoir vu le ballet de Vigano, qui fit courir toute l'Italie, je me disais que, dans la symphonie du chaos, les thèmes n'étant pas résolus, il n'y a pas de chant, par conséquent pas de plaisir pour l'oreille, par conséquent pas de musique. C'est comme si l'on demandait à la peinture de représenter une nuit parfaite, une privation totale de lumière.
Une grande toile carrée, du plus beau noir, entourée d'un cadre, serait-elle un tableau ?
La musique reparaît avec tous ses charmes dans l'Oratorio
d'Haydn quand les anges se mettent à raconter le grand ouvrage de la création.
Source : Gallica

Giuseppe Carpani Vies de Haydn (traduite de Carpani… (1854)

Je crois bien aussi que les théâtres sombres de l'Italie, et ces loges, qui sont des salons, contribuent beaucoup à l'effet de la musique. Combien, en France, de femmes aimables qui savent l'anglais, et pour qui le mot love a un charme que le mot amour ne peut plus présenter. C'est que le mot love n'a jamais été prononcé devant elles par ces êtres indignes d'en éprouver le sentiment. Rien ne souille la brillante pureté de love, tandis que tous les couplets du vaudeville viennent gâter, dans ma mémoire, l'amour.
Source : Gallica

Giuseppe Carpani Vies de Haydn (traduite de Carpani… (1854)

L'artiste habile ne s'éloigne jamais du degré de fausseté qui est permis à l'art qu'il cultive; il sait bien que ce n'est pas en imitant la nature jusqu'au point de produire l'illusion que les arts plaisent: il fait une différence entre ces barbouillages parfaits, nommés des trompe-l'œil, et la Sainte Cécile de Raphaël.
Il faut que l'imitation produise l'effet qui serait occasionné par l'objet imité, s'il nous frappait dans ces moments heureux de sensibilité et de bonheur qui donnent naissance aux passions.
Voilà pour l'imitation physique de la nature par la musique.
Source : Gallica

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