“ L’Opéra-Comique est un théâtre de fantaisie, le genre qu’on y exploite n’a de correspondant nulle part, ni dans la littérature ni dans la musique. Le Théâtre-Français a ses comédies, le Théâtre-Italien ses partitions ; ce qui n’est ni une comédie ni une partition, c’est un opéra comique, c’est-à-dire quelque chose qui se parle et se chante à la fois, quelque chose d’absurde qui doit vous amuser au moins deux heures. ”
Opéra comique
Définition et enjeux
L'opéra-comique est un genre d'opéra où les parties chantées s'alternent avec des dialogues parlés, ce qui lui confère une particularité distinctive dans la tradition musicale française. Né au XVIIIe siècle à partir des spectacles des foires de Paris, il s'inscrit dans une tradition de mélange entre le vaudeville et le sérieux, oscillant entre sujets fictifs, historiques ou quotidiens. Les auteurs comme H. W.
soulignent sa nature hybride, à la fois "théâtre de fantaisie" et "bijou" musical, tandis que Camille Bellaigue le distingue comme une forme intermédiaire entre le grand opéra et la comédie. Ce genre, qui a vu naître des compositeurs majeurs comme André Grétry et Adolphe Adam, a progressivement évolué pour intégrer des thèmes plus profonds, marquant ainsi une transition vers des œuvres à la fois dramatiques et poétiques.
Citations sur “opéra comique”
Albert Du Casse, Histoire Anecdotique de l'Ancien Théâtre en France…
“ Le sujet de l'opéra se prête quelquefois par lui-même à l'introduction du ballet ou divertissement, pour parler le langage de la fin du dix-septième siècle, plus souvent il est amené sans que l'on sache pourquoi; mais qu'importe une invraisemblance de plus ou de moins, tout n'est-il pas invraisemblance dans un opéra, dans un opéra-comique ou dans un vaudeville? Le théâtre, si l'on excepte la tragédie et la comédie, représente, comme la peinture, une nature de convention. ”
“ Cela ne peut guère s’appeler un opéra, nous le savons ; il n’y a guère là que des couplets et des chœurs, point de trio, point de quatuor ; un seul duo au premier acte. Mais n’importe, la grace, la coquetterie et la fraîcheur abondent ; à cause de ses petites proportions, ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais un bijou. Du reste, l’Opéra-Comique se prépare à de plus hautes destinées musicales ; nous croyons savoir, pour notre part, qu’on s’y occupe activement d’une œuvre qui portera sur son titre deux noms, dont un seul suffit au succès. ”
“ Si l’Opéra, tel qu’il existe en France depuis Lulli jusqu’à Gluck, et depuis Gluck jusqu’à Meyerbeer, est moins un théâtre national proprement dit qu’une grande institution dramatique, qu’une véritable académie ouverte à tous les talens de l’Europe, Où les beaux vers, la danse, la musique, L’art de tromper les yeux par les couleurs, L’art plus heureux de séduire les cœurs, De cent plaisirs font un plaisir unique, il n’en est pas de même de L’Opéra-Comique. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ C’est là que, pendant près de quinze années, parurent ou reparurent, avec le Freischütz, Obéron, les Noces de Figaro, les chefs-d’œuvre étrangers d’un genre intermédiaire entre nos deux genres nationaux, le « grand opéra » et l’opéra-comique. Pour la musique française l’exemple ou le bienfait ne fut pas perdu. On la vit concevoir alors un nouvel idéal, à la fois supérieur et prochain, et le réaliser en des œuvres moins ambitieuses que la tragédie ou le drame lyrique, mais plus hautes, plus riches de sentiment et de poésie que l’opéra-comique, tel qu’un Auber nous l’avait fait, ou défait. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Nous de même, et jamais non plus nous n’avons si vivement regretté d’entendre une partition commencer, que dis-je, se soutenir presque tout un acte comme un délicieux opéra comique, pour tourner et finir en trop facile et trop légère opérette. Mais, dira-t-on, qu’est-ce donc qui distingue l’opéra comique ? Une nuance, un rien, mais quelque chose pourtant, sinon dans la quantité, du moins dans la qualité de notre plaisir. ”
“ Existe-t-il un point où le chanteur d’opéra-comique cesse, un point où le chanteur sérieux commence ? Alors, comme toutes les grandes œuvres musicales, comme toutes les partitions de Mozart, de Weber, de Beethoven et de Rossini, admettent cette variété de style dont nous parlions ; comme le Freyschütz, Oberon, la Gazza, Fidelio, se composent d’opéra-comique aussi bien que de grand opéra, il faudra donc renoncer à ces chefs-d’œuvre, ou, si l’on se décide à les exécuter, le même chanteur ne pourra suffire à son rôle ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ L’opéra-comique est au-dessous des grandes formes musicales de la symphonie et de l’opéra, ces hauts sommets où seule la muse allemande reste éternellement debout. Nous n’avons jamais en de symphoniste, et le grand opéra français, comme on l’a nommé, créé chez nous et pour nous, l’a été par Rossini et par Meyerbeer, qui n’étaient pas des nôtres. Notre œuvre, à nous, c’est l’opéra-comique ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Pour être plus une et plus haute que la fiction de l’opéra-comique, la fiction de l’opéra n’est pas nécessairement plus conforme à la réalité. L’une extrait en quelque sorte de la vie les élémens lyriques, pour en faire la matière d’une représentation purement sonore ; l’autre, plus modeste et plus docile, accepte la vie tout entière, mêlée de prose et de poésie ; la vie, où tous les sentimens, tous les caractères, toutes les actions et toutes les aventures ne sont pas musicales, ou, — passez-nous le barbarisme, — « musicables. » ”
Roger Peyre, Napoléon Ier et son temps : histoire militaire… (1888)
“ L'OPÉRA-COMIQUE donne de notre musique une idée beaucoup plus complète que l'opéra : c'est que, en dépit de son titre, l'opéra-comique a déjà toutes les formes, exprime alors toutes les passions, tous les sentiments et a tous les caractères. On y trouve la comédie à ariettes à côté du large et puissant développement orchestral d'un Chérubini et d'un Lesueur ; des fantaisies d'une verve bouffonne à côté d'œuvres brillantes, passionnées, profondément dramatiques; on y trouve même jusqu'à l'inspiration religieuse la plus haute, car le Joseph de MÉHUL est plutôt un oratorio qu'un opéra-comique. ”
Histoire du théâtre lyrique en France depuis les origines jusqu'à nos jours…
“ Quand l'opéra-comique fut créé par les petits-maîtres du XVIIIe siècle, quand la musique eût pris dans ces spectacles une importance supérieure à celle du dialogue, quand on la vit s'affiner et s'élever, il fallut bien qu'un genre plus léger vînt prendre la place laissée libre par l'opéra-comique et contenter les esprits plus frivoles et plus frustes. ”
F. de Lagenevais,
Revue musicale. — L’incendie de l’Opéra…
“ À sa puissance enfin démodée se substituait la muse grivoise de Désaugiers et d’Adolphe Adam, on avait devant soi non plus cet éternel mardi gras qui vous écœure, mais simplement une comédie à ariettes dans les conditions naturelles et nationales, une musique ordinaire, si l’on veut, mais qui ne se moque ni de soi ni des autres, en un mot un spectacle dont les honnêtes gens peuvent se divertir : l’opéra comique mis à la portée de tout le monde, tandis que l’opérette ne s’adressait qu’au demi-monde. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ I Quelqu’un a dit qu’un opéra-comique est une pièce mêlée de paroles et de musique, et qui finit bien. C’est la vérité, mais ce n’est pas toute la vérité ; car, à ce compte-là, des ouvrages tels que Fidelio et le Freischütz en Allemagne, ou comme chez nous Joseph, seraient des opéras-comiques. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Nous pouvons, par l’opéra-comique, rattacher aux temps anciens les temps nouveaux. La chaîne semble fragile, mais elle guide fidèlement la main qui la suit, sans la charger ni la meurtrir. Est-elle rompue aujourd’hui, cette chaîne délicate ? Plus d’un le pense et s’en applaudit. Il faut en finir, dit-on, avec les vieilles chansons. Et, d’ailleurs, le succès éphémère d’un genre récent, déjà presque abandonné, l’opérette, n’a pu relever l’opéra-comique. Mais ce n’est pas de là que pouvait venir le secours, si l’opéra-comique était en péril. ”
Auguste Debay, Hygiène de la voix et gymnastique des organes vocaux… (1861)
“ Et comique de langage. La musique d'opéra comique doit être simple et riche de mélodies variées ; le sujet intéressant et le libretto bien écrit. Beaucoup d'opéras comiques n'ont pas eu le succès que mérite la musique, parce que le sujet était mal choisi, l'action languissante, monotone et la pièce mal écrite. Les voix d'opéra comique exigent moins de force, moins d'étendue que celles du grand opéra; mais, en revanche, elles demandent beaucoup de légèreté et de flexibilité ; une grande habitude du trille, de la roulade et autres agréments. ”
Auguste Baron, Histoire de l'art dramatique (185.)
“ « Les parties constitutives d'un opéra sont le poëme, la musique et la décoration. Par la poésie, on parle à l'esprit; par la musique, on parle à l'oreille; par la peinture, aux yeux ; et le tout doit se réunir pour émouvoir le coeur et y porter à la fois la même impression par divers organes. » Notre auteur pouvait dire en outre que la danse est un accessoire fréquemment employé. Notons enfin que la définition du genre n'embrasse ni l'opéra buffa, ni l'opéra-comique, et se tait sur la mise en scène. Qu'il y ail dans la danse un côté dramatique, qu'elle soit un art, on ne saurait le nier. ”
Eugène Carissan, Paris dans sa splendeur : Monuments… (1861)
“ Mais en dehors des dilettantes passionnés, il reste un bon nombre d'amateurs modérés, peu capables de savourer les jouissances exclusives de la musique pure et savante, surtout quand on les leur offre sans palliatif et sans diversion. Cinq actes d'harmonie à grand orchestre et de notes continues les fatiguent; ils admirent, mais en bâillant quelquefois, et avec un grand mal de tête. C'est pour eux qu'a été inventé l'opéra-comique, qui est à l'opéra ce que le drame est à la tragédie, et le vaudeville à la grande comédie de moeurs. ”
P. Scudo, Revue des Deux Mondes
“ Le théâtre de l’Opéra-Comique ne s’endort pas sur ses lauriers. Avec un personnel très ordinaire, où l’on chercherait vainement une voix naturelle qui sente l’herbe fraîche et le serpolet, il obtient des succès profitables et souvent légitimes. Le nouvel opéra en trois actes qu’il vient de donner, la Fiancée du Diable, n’est pourtant pas un chef-d’œuvre d’invention et d’intérêt. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Innocent et de bonne foi, l’opéra-comique ignore jusqu’à l’ironie et à l’amertume de la comédie. Plutôt que de nous reprendre et surtout de nous blesser, il se contente de nous divertir. Je sais dans le Déserteur une scène significative à cet égard, et je dirais symbolique, si rien était plus étranger, voire plus contraire que le symbole, au genre que nous étudions. ”
Marcellin Berthelot,
Correspondance, 1847-1892
(1898)
“ C'est quelque chose d'admirable qu'un opéra italien; c'est un flot d'harmonie qui enivre les organisations les moins sensibles. Mais pas un opéra qui soit sérieux, profond, qui fasse toucher l'infini; on pleure en riant, on rit en pleurant. Le personnage comique ne traverse pas la scène comme dans Shakspeare et le théâtre allemand; il l'encadre, il ne la quitte pas, il est derrière celui qui pleure, il partage l'âme du spectateur, il attire plus d'yeux et d'attention que le côté sérieux. ”
Hector Berlioz,
Les Grotesques de la musique
“ Les personnes qui s’absentent de Paris pour un temps plus ou moins long sont tout étonnées, à leur retour, de la persistance avec laquelle les pâtissiers font chaque jour les mêmes brioches, les petits théâtres lyriques produisent le même opéra comique nouveau, et de l’obstination du grand Opéra à jouer les mêmes anciens ouvrages. ”
Léon Escudier,
Dictionnaire de musique théorique et historique
(1872)
“ Quoiqu'en général le premier se rapproche de la tragédie, et le second de la comédie, cependant jamais un grand opéra ne sera aussi grave, aussi simple qu'une tragédie; et jamais un opéra comique ne comportera une action aussi compliquée que celle d'une comédie. ”
Raoul Rinfret, Dictionnaire de nos fautes contre la langue française
“ On dit souvent: un grand opéra, quand c’est un opéra monté à grand spectacle, avec ballet, etc., mais on ajoute ordinairement l’épithète de grand au mot opéra, pour distinguer le vrai opéra de l’opéra comique.—L’opéra bouffe est un opéra comique où le sujet ou les personnages sont des caricatures.—L’opérette n’est autre chose qu’un vaudeville avec couplets et chœurs. ”
Saint-Marc Girardin,
Oeuvres complètes de Beaumarchais…
(1837)
“ Souvenons-nous d'abord qu'un opéra n'est point une tragédie, qu'il n'est point une comédie ; qu'il participe de chacune, et peut embrasser tous les genres. Je ne prendrai donc point un sujet qui soit absolument tragique: le ton deviendrait si sévère, que les fêtes, y tombant des nues, en détruiraient tout l'intérêt. Éloignons-nous également d'une intrigue purement comique, où les passions n'ont nul ressort, dont les grands effets sont exclus : l'expression musicale y serait souvent sans noblesse. ”
Marcel Lermoyez, Physiologie de la voix et du chant… (1885)
“ Plus d'une fois, il nous est arrivé de conseiller à des artistes de renoncer, pour débuter, aux rôles de grand opéra, et de les engager à commencer par les rôles moins fatigants de l'opéra-comique, en leur faisant comprendre que plus tard, leurs moyens physiques se développant, leur ambition artistique pourrait faire de même. ”
Edmond Vander Straeten,
Voltaire musicien : concerts, intermèdes…
(1878)
“ L'Opéra est un spectacle aussi bizarre que magnifique, où les yeux et les oreilles sont plus satisfaits que l'esprit, où l'asservissement à la musique rend nécessaires les fautes les plus ridicules, où il faut chanter des ariettes dans la destruction d'une ville et danser autour d'un tombeau 2 ”
Léon Vallas, S., Revue Musicale de Lyon 1904-03-02…
“ Tout cela forme-t-il un opéra-comique du type français classique, genre Mousquetaires de la Reine, Châlet ou Domino noir, ou une opérette bouffe à tendance satirique. That is the question. La première hypothèse semble assez vraisemblable, en ce sens que le Caïd correspond nettement à la définition de l’opéra-comique : ce n’est pas un opéra, et ce n’est pas comique. ”
Edmond Vander Straeten,
Voltaire musicien : concerts, intermèdes…
(1878)
“ Mais, malgré tous ces défauts, l'enchantement qui résulte de ce mélange heureux de scènes, de chœurs , de danses , de symphonies, et cette variété de décorations, subjugue jusqu'au critique même ; et la meilleure comédie, la meilleure tragédie, n'est jamais fréquentée parles mêmes personnes aussi assidûment qu'un opéra médiocre. ”
“ On jouait un peu de tout au théâtre de Quiquendone, et surtout l'opéra et l'opéra-comique. Mais il faut dire que les compositeurs n'eussent jamais pu reconnaître leurs oeuvres, tant les mouvements en étaient changés.En effet, comme rien ne se faisait vite à Quiquendone, les oeuvres dramatiques avaient dû s'approprier au tempérament des Quiquendoniens. Bien que les portes du théâtre s'ouvrissent habituellement à quatre heures et se fermassent à dix, il était sans exemple que, pendant ces six heures, on eût joué plus de deux actes. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ De là n’allez pas conclure que les dehors de la vie soient indignes de la musique et qu’ils échappent à sa prise. Autant que de passion, elle a ses chefs-d’œuvre d’action et de mouvement extérieur. Mais son plus vaste domaine, son royaume le plus riche et le plus magnifique est en nous. Le jour viendra peut-être où l’on comprendra que l’opéra, — l’opéra véritable, parfait, — doit se proposer avant tout l’expression, l’analyse des sentimens, et que sous une forme, par un mode différent, ou plutôt ajouté : les notes avec les mots, le son uni au verbe, la tragédie lyrique. ”
P. Scudo, Revue Musicale - Les Opéras nouveaux et les Théâtres lyriques
“ Nous voici enfin en pleine moisson musicale, ou du moins en pleine floraison de drames et de comédies lyriques, ce qui n’est pas toujours la même chose, car on peut écrire un opéra en trois actes, par exemple, sans y mettre une note de véritable musique. ”
Romain Rolland,
Musiciens d'autrefois
“ On l’a fait avec un rare bonheur; et je ne crois pas qu’aucun théâtre puisse donner un spectacle plus achevé. Je n’en regrette pas moins qu’on n’ait pas cru devoir maintenir à sa place primitive le ballet qui terminait la partition. Les habitudes de l’opéra moderne veulent que le spectacle finisse en pleine action. Il n’en était pas de même dans l’opéra ancien (voir Orphée ou Iphigénie en Aulide) où, quand la tragédie était achevée, une musique heureuse, de belles danses, des chants paisibles, venaient détendre l’esprit. ”
Charles Nuitter,
Les Origines de l'opéra français…
(1886)
“ Le public, en effet, par son empressement à se rendre à l'Opéra, donnait raison aux novateurs en remplissant leur salle, et qu'y avait-il d'étonnant à cela, lorsqu'on lui offrait tant de séductions nouvelles : la musique mêlée à l'action du drame, la danse et les figurations amenant des tableaux gracieux et agréables, la richesse des costumes, l'ingéniosité des machines et la splendeur des décorations? ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Et le drame littéraire s’achevait sur cette perspective. Je regrette que l’Opéra nous ait montré, ne fût-ce qu’un instant, le cachot, l’évasion des amans réunis et, dans un trop voyant décor de féerie, leur banale apothéose. C’est assez la coutume, quand on juge un opéra, d’en condamner d’abord les paroles, afin d’en mieux excuser la musique. On s’en prend volontiers aux poèmes, de la chute même de partitions qui seraient bien tombées toutes seules. On a tort. ”
