Résumé

P. Scudo Revue Musicale - Les Opéras nouveaux et les Théâtres lyriques

L’Opéra doit viser avant tout à des succès d’ensemble, qu’on peut obtenir à moins de frais avec des chanteurs qu’on élèverait dans le sanctuaire eu les initiant peu à peu à la connaissance des chefs-d’œuvre de l’ancien répertoire. Qu’on soit bien pénétré de cette idée, qu’un virtuose qui ne connaît que la musique contemporaine ne peut jamais devenir un grand artiste. Pourquoi n’exige-t-on pas de l’Opéra ce qu’on exige très bien du Théâtre-Français?
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On s’amuse donc partout, excepté à l’Opéra.
Dans aucune ville de l’Europe, l’art de chanter n’est cultivé avec autant de zèle, de goût et de savoir qu’à Paris. Indépendamment des cours du Conservatoire de musique, confiés à des artistes éprouvés, comme M. Bordogni par exemple, beaucoup de maîtres habiles se partagent une nombreuse clientelle d’élèves empressés qui arrivent de tous les points de l’horizon, de l’Allemagne, de l’Italie même, de l’Angleterre, et qui vont ensuite remplir le monde de l’éclat de leurs succès.
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Le patriarche de l’école française, M. Auber, vient de commettre un nouveau péché de jeunesse, qui se nomme Manon Lescaut, opéra-comique en trois actes. Infatigable, toujours sur la brèche, l’auteur de tant de partitions légères qui ont charmé toute une génération pendant quarante ans bientôt ne veut pas se retirer de la lice, où il fait encore très bonne figure. L’homme est un esprit servi par une machine qui contracte des habitudes qui deviennent, comme on sait, une seconde nature.
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