Résumé

P. Scudo Revue musicale, 1856

Admirateur sincère de tout ce qui est véritablement beau, nous sommes de l’école du bon Dieu, qui a créé le ciel et la terre et qui a suscité tant de génies divers en Italie, en Allemagne, en France, en Espagne comme en Angleterre. Nous avons toujours reconnu à M. Verdi certaines qualités dont la première de toutes est la passion ; mais la passion sans l’art qui la féconde, sans le style qui en relève les accens et en tempère la manifestation, ne produit que des déclamateurs. Ne craignons pas de nous répéter, M. Verdi est un musicien de décadence.
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P. Scudo Revue musicale, 1856

Il manque à son talent ce qui manque à sa physionomie enfantine, l’expression. Lorsqu’elle aura achevé de débiter les bonnes leçons qu’elle a reçues de ses maîtres, il est à croire que Mlle Moreau-Sainti donnera à ses gestes et à ses accens une signification dont elle n’a pas aujourd’hui conscience. Ce n’en est pas moins une bonne acquisition pour l’Opéra que Mlle Moreau-Sainti, car, en la voyant si docile aux préceptes de ses maîtres, on a tout lieu d’espérer qu’elle ne sera pas moins obéissante à la voix de la nature, quand celle-ci parlera.
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P. Scudo Revue musicale, 1856

Au moindre souffle, on la voit tressaillir. Tout parle en elle : sa physionomie piquante, ses yeux expressifs, ses poses naturelles, ses gestes et jusqu’à ce petit dandinement qu’elle imprime à sa tête charmante. C’est une Italienne, mais une Italienne de race, qui est heureuse de vivre et de jouer la comédie. Sa voix est un maigre soprano, sans étendue, sans flexibilité, et dépourvue de timbre et de rayonnement : on dirait une de ces voix françaises comme il y en a tant à l’Opéra-Comique
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