Résumé

P. Scudo Le Mouvement musical de 1857

Il est de mode depuis quelque temps, et dans un certain monde infiniment petit, où l’on cultive avec rage le mot en relief et les modulations de style sans idées, de prendre en pitié l’esprit et l’œuvre de M. Scribe. On a tant de chefs-d’œuvre sous la main, les génies éclos sous l’incubation de l’école pittoresque ont été si inventifs au théâtre, ils ont parlé une langue si sensée, si bien interprété l’histoire et fait parler le cœur humain, qu’on a bien raison de se moquer de cet écrivain bourgeois qui, depuis quarante ans, amuse la France et l’Europe tout entière.
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P. Scudo Le Mouvement musical de 1857

Gluck n’en reste pas moins un des grands maîtres dans l’art de chanter les belles passions du cœur humain ; mais, comme musicien, il ne possède ni la science suprême, ni l’abondance inépuisable, ni la grâce divine et la flexibilité de Mozart, dont l’avènement est un miracle de la nature. Rossini prend le drame lyrique presque où l’a laissé Mozart, et, suivant les impulsions secrètes de son propre génie et celles de la nation qui lui a donné le jour, il produit en riant une trentaine de chefs-d’œuvre qui font une révolution dans la musique dramatique du XIXe siècle.
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P. Scudo Le Mouvement musical de 1857

Le style de M. Verdi est brusque, haché, sans flexibilité et sans grâce. Il ignore à peu près l’art suprême des maîtres, qui consiste à préparer l’éclosion de l’idée et à en poursuivre l’épanouissement graduel, il ne sait point orner la passion d’une forme élégante qui satisfasse les délicats en touchant le vulgaire, il frappe fort, sinon toujours juste ; il vise aux coups de théâtre, aux péripéties violentes ; et ses personnages ont toujours le poignard à la main et l’Invectivé à la bouche. On a rarement vu un compositeur italien plus dépourvu d’imagination que M. Verdi.
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