Mendelssohn

Définition et enjeux

Camille Bellaigue,  Revue des Deux Mondes

“ C’est que Mendelssohn ne fut pas une âme sceptique, encore moins une âme désolée. Il connaît la passion qui anime la vie, mais non celle qui la trouble ; la mélancolie, mais non le désespoir. Dans l’allegro appassionato du Songe, dans l’allegretto de la symphonie-cantate ; dans certaine phrase encore de la symphonie écossaise, où se trouvent le même rythme et la même tonalité, partout l’émotion est contenue : ce n’est pas le vent qui soulève les hautes vagues ; c’est la brise qui met seulement un flocon d’écume à la crête des flots. ”
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Camille Bellaigue,  Revue des Deux Mondes

“ Mais le sens ou la valeur shakspearienne de la musique de Mendelssohn n’est pas là : elle est dans l’expression d’une vie légère et subtile animant les esprits de l’air ; que dis-je, elle est, plus profondément encore, dans la représentation par les sons de l’air lui-même, de tout un ordre de phénomènes et de beautés, d’un élément enfin de la nature, dont la comédie de Shakspeare est le poème et la partition de Mendelssohn la symphonie.
Ainsi, dans une certaine mesure, la musique a fait siens les deux mondes : celui de la nature et celui de l’âme, qu’un Shakspeare avait créés.
”
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Camille Bellaigue,  Revue des Deux Mondes

“ Entre toutes les œuvres de Mendelssohn, le Songe d’une nuit d’été possède cette fraîcheur juvénile. L’ouverture est une page de la vingtième année, première et merveilleuse éclosion de génie que le maître n’eut jamais à désavouer. Cette ouverture seule est comme un tableau de féerie : elle est traversée d’un bout à l’autre par l’essaim bourdonnant des sylphes, par les rondes murmurantes des esprits aériens. Mendelssohn a trouvé ici la musique de l’air, comme dans l’ouverture de la Grotte de Fingal, il a trouvé la musique des eaux. ”
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