Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ Wilhelm, où m’emporte souvent mon cœur ! Quand j’ai passé, assis à ses côtés, deux ou trois heures à me repaître de sa figure, de son maintien, de l’expression céleste de ses paroles ; que peu à peu tous mes sens s’embrasent, que mes yeux s’obscurcissent, qu’à peine j’entends encore, et qu’il me prend un serrement à la gorge, comme si j’avais là la main d’un meurtrier ; qu’alors mon cœur, par de rapides battements, cherche à donner du jeu à mes sens suffoqués, et ne fait qu’augmenter leur trouble... ”
