“ Mes idées ? ricana Hermann. Est-ce que j’en ai encore ?... Non, Wilhelmine, non, encore une fois. Je viens de sauver--et cela a coûté du sang--la chose à laquelle vous tenez le plus au monde : votre pouvoir. Que vous faut-il de plus ? Wilhelmine s’approcha, se laissa glisser sur le tapis, les deux coudes sur le bras du fauteuil et le menton sur ses deux mains entrelacées, détendue, enfin, dans une pose de caressante imploration féminine. La ride de ses sourcils s’était effacée. Pour la première fois, la princesse n’était plus qu’une femme amoureuse qui veut reprendre son mari. ”
Wilhelmine
Définition et enjeux
Wilhelmine, personnage central de plusieurs récits littéraires et historiques, incarne fréquemment les tensions entre le pouvoir, l’amour et la résistance. Dans les œuvres d’Élie Berthet, elle se présente comme une épouse déchirée entre l’idéalisme et la réalité, tandis que Jules Lemaître la place au cœur d’un conflit politique et émotionnel.
Francis Charmes, lui, la rattache à des enjeux historiques, mettant en avant son choix marital comme un acte individuel. Ces approches diverses, allant du roman dramatique à l’analyse historique, dévoilent une figure complexe, liée à des thèmes tels que l’identité, la fidélité ou l’obéissance. La variété des interprétations, de Berthet à Rodenbach, atteste de la richesse des réflexions qu’elle suscite.
Citations sur “Wilhelmine”
Élie Berthet,
Le Nid de cigognes
“ Wilhelmine ne répondit pas, et le malheureux Frantz retomba dans son accablement. Enfin un léger soupir se fit entendre à l’autre extrémité du cachot, et une imperceptible agitation de l’air apprit au jeune homme que sa compagne commencait à se mouvoir. Singulière inconséquence des sentimens ! Frantz souhaitait, une minute auparavant, que Wilhelmine ne se réveillât pas de son profond sommeil, et, au premier signe de vie qu’elle donna, il éprouva un vif sentiment de joie ; son sang circula mieux, son cœur battit avec plus de rapidité, son énergie se réveilla. ”
Élie Berthet,
Le Nid de cigognes
“ Et moi, ma douce Wilhelmine, reprit le jeune homme avec passion, je te défendrai tant qu’il me restera un souffle de vie ! Toi, c’est la famille, c’est la patrie, c’est l’univers !... Si nous devons succomber dans la lutte, nous succomberons ensornble, et nos âmes se retrouveront dans un monde meilleur. Madeleine contemplait les deux jeunes gens avec une admiration involontaire. Wilhelmine avait passé son bras sous celui de son mari ; la tête penchée sur l’épaule de Frantz, elle écoutait avidement ses paroles. ”
