Résumé

Laure Bernard Contes et conseils à la jeunesse… (1833)

Avez-vous remarqué que la famille de votre mère ne vous aime pas?
MATHILDE.
J'ai cru m'en apercevoir plus d'une fois, mais si vous en savez les motifs, dites-lesmoi; je ferai tout pour qu'on les oublie.
Mme DE CHARLEUX.
Votre volonté n'y peut rien, c'est un tort de naissance.
MATHILDE.
Eh ! comment cela se peut-il ?
Mme DE CHARLEUX.
Votre mère est riche; pendant longtemps ses sœurs ont pu espérer que leurs enfans seraient ses héritiers; c'est une ambition qu'on peut pardonner à des mères; cependant un jour madame de Lagarde annonça qu'elle voulait adopter une enfant.
Source : Gallica

Laure Bernard Contes et conseils à la jeunesse… (1833)

MATHILDE.
N'y était-elle pas souffrante avant de
venir à Paris? Tu espères, toi, c'est tout naturel, on a toujours confiance dans le bonheur des autres. Si ta mère était malade, moi aussi, je te rassurerais; mais tu ne me croirais pas non plus,
ELISE.
Mathilde, je ne peux pas souffrir que tu supposes aimer mieux ma tante que je ne l'aime.
MATHILDE.
Mais cela ne saurait être autrement; et, pour te le prouver je t'avoue que je n'ai rien aimé autant qu'elle, pas une de mes tantes, pas même toi, les jours où tu te montres mon amie, ma sœur. Mais voyons ce que t'écrit ta mère.
Source : Gallica

Laure Bernard Contes et conseils à la jeunesse… (1833)

Tu es un homme, toi, tu souffres sans te plaindre.
Moi, je pleure comme un enfant, quand j'ai du chagrin. Essayes-en; cela fait du bien. - Comment ta belle-mère peut-elle rejeter loin d'elle un fils tel que toi? Et ton père! lui au moins, il devrait te défendre, te pardonner. Ah ! si tu avais une mère, au lieu de ta belle-mère, elle aurait mieux compris tes efforts, pour la dédommager de la perte de l'enfant qu'elle regrette ! Ma belle-mère ! dit Ernest. C'est la seconde fois qu'on l'appelle ainsi devant moi. Ne
serais-je pas le fils de madame Darnaud?
Source : Gallica

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