René Muller

Résumé

René Muller Les enfants gâtés (1866)

Amusez-vous bien !
— C'est de bon cœur que je me serais passé de gâteau, dit Adrien, quand ils furent sortis; j'aime tant Victoire !
— Elle est si bonne! ajouta Cécile. Elle aime tant les enfants !
— C'est dommage qu'elle louche et qu'elle boite, dit Charles.
— Tiens ! c'est vrai, répondit Adrien. Je ne m'en étais pas aperçu.
— Moi, je le savais bien, dit Cécile.
— Et vous vous êtes moquée d'elle quelquefois?
demanda Charles.
— Oh ! non, jamais. Je ne suis pas assez méchante pour rire des infirmités des autres, surtout des vieilles gens. Maman dit que c'est la marque d'un mauvais cœur.
Source : Gallica

René Muller Les enfants gâtés (1866)

Oui, c'est un heureux jour, dit le colonel. Moi qui n'ai jamais eu la joie d'être père voilà que j'ai trois fils, trois beaux jeunes gens, pleins d'avenir, parce qu'ils sont pleins de talents et de loyauté, trois fils que le plus ambitieux des pères m'envierait, et une fille telle que j'aurais pu la souhaiter dans mes rêves les plus brillants et les plus doux, une fille que j'aime peut-être encore plus que mes fils, et qui mérite si bien cette préférence, qu'aucun d'eux n'en est jaloux.
Source : Gallica

René Muller Les enfants gâtés (1866)

Mme Henrion s'était assise sur son lit, elle regardait son amie d'une si étrange façon, que Mme Duvivier reprit aussitôt : — Mais qu'as-tu donc, Régine? T'aurais-je blessée sans le savoir?
— Ce que j'ai, chère Elise? Rien; seulement, je commence à comprendre que le conseil que vous me donnez est un peu intéressé. Vous voulez que je mette mes enfants en pension, afin qu'ils ne fréquentent plus les vôtres. Vous les regardez comme des brebis galeuses, qu'il faut rejeter loin du troupeau; vous craignez qu'Hélène et Victor ne gâtent ces deux petits prodiges que vous appelez Cécile et Adrien.
Source : Gallica

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