Edmond Rostand

Edmond Rostand

Résumé

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Le Cantique de l'Aile (1922)

Monte. Elle a l’air, traînant par son fil son fuseau,
D’un grand oiseau que suit un plus petit oiseau.
Va-t-elle, en retombant, causer quelque blessure ?
Omphale lève un bras... puis elle se rassure :
La quenouille, toujours, monte vers le ciel bleu.
Hercule craint d’avoir été trop loin.
Ce jeu
Pourrait sur ses amours déchaîner la rafale.
Il regarde, en dessous, Omphale.
Mais Omphale
Sourit, entre ses dents ayant mis son collier,
Un sourire à trois rangs de perles, singulier,
Et qui d’un cœur de roi ferait un cœur de pâtre.
Source : Gutenberg

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Le Cantique de l'Aile (1922)

Jupiter, des deux doigts, claque un appel : « Hercule ! »
Croyant l’instant venu d’un treizième travail,
L’énorme demi-dieu nourri de bœuf et d’ail
Surgit. Il voit qu’un monstre aux yeux de feu s’apprête
A ravir tout l’Olympe. Il bondit, perd la tête,
D’un seul rond de massue obscurcit tout l’éther,
N’écoute pas Vulcain, n’entend pas Jupiter,
Renverse Mars qui veut empêcher la rencontre.
Rien ne peut l’arrêter, il va...
L’Amour se montre.
Alors, se souvenant d’Omphale et de son lit,
Il recule. Il a peur. Et pendant qu’il pâlit,
Vulcain peut s’expliquer.
Source : Gutenberg

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Le Cantique de l'Aile (1922)

Pour te courir après !
Le vol de l’Aile est blanc, l’ombre de l’Aile est bleue !
Le vent de l’Aile est frais !
Rien ne saura jamais comme le vent de l’Aile
Balayer ce qui nuit !
L’Aile ravit, transporte, appelle... Oh ! rien n’appelle
Comme une aile qui fuit !
Voler, c’est l’âme même, et non un jeu frivole.
Et ce peuple le sent,
Ce peuple où des vieillards pleurent parce qu’on vole
Le sent en grandissant !
Cet homme crierait-il quand, dans un ciel paisible,
Cingle ce vaisseau pur,
S’il n’avait pas senti que c’est Psyché visible
Qui traverse l’azur ?
Source : Gutenberg

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