Lucie Delarue-Mardrus,
La Figure de proue
“ Comme, profondément, je respire l’étoile De tabac, l’existence est à travers un voile, Hormis l’étoile en feu qui ravage mon cœur. Je suis d’avance mûre en longs plis. Je possède Des sens orientaux rêvés par l’Occident. Dans ma bouche, déjà, la mort montre les dents, Mais l’été m’engourdit d’un bercement si tiède ! C’est l’absence. Ce sont les jours coloniaux. On ne pourra jamais revenir de ces choses ; On est la cantharide ivre au creux d’une rose... Au retour, nous serons étrangers jusqu’aux os. Qu’on se taise. Je vis d’ouate et de silence. ”
