Léonce Depont

Résumé

Léonce Depont Revue des Deux Mondes

Et toi, mon cœur, ô cœur stérile aux rythmes vains,
Cœur où n’ont fermenté que d’indignes levains
Comme en un sol ingrat et dur qui se révolte,
Qu’attends-tu pour mûrir la tardive récolte ?
Glèbe aride aux sillons desséchés, qu’attends-tu
Pour mûrir la vendange intime de vertu,
D’héroïsme et d’amour si longtemps espérée ?
Regarde : autour de toi, tout s’agite, tout crée ;
Le soleil gonfle encor les grappes ; le pressoir
Les écrase, et, de l’aube attendrie au doux soir,
Les rudes tâcherons accomplissent leur tâche.
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Léonce Depont Revue des Deux Mondes

O nostalgique soir, vers qui l’âme s’élance ;
Dont le mystère attire alors que tout s’est tu,
Sur la plaine immobile, ô soir, comment fais-tu
Une telle harmonie avec un tel silence ?
Dans quelle transparence élyséenne, ô soir,
Veux-tu que le Croissant baigne sa pâle face,
Quand ton doigt solennel estompe, puis efface
La colline plus vague et le vallon plus noir ?
De quel tulle soyeux composes-tu la trame
Qui souple ondule et glisse et flotte et vêt les eaux,
Les bois, les prés, les champs, de fluides réseaux,
Tandis qu’émus le bœuf appelle et le cerf brame ?
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Léonce Depont Revue des Deux Mondes

SOIR DE JUIN
Le jour se meurt dans une atmosphère sereine
D’une limpidité transparente. Inondant
De fragiles reflets de pourpre l’Occident,
Une rouge lueur agonise et se traîne.
Le peuplier murmure un secret triste au frêne.
Des souffles embaumés s’exhalent, et, pendant
Que gagne le silence au ciel encore ardent,
L’Astre tombé fait place à l’Ombre souveraine.
Oh ! quelque part, non loin peut-être, émue à tant
De mystique douceur, une âme tendre attend
Le frisson éperdu qui déjà me pénètre ;
Et, sachant que l’amour qu’on rêve est seul divin.
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