Hilaire Launais, Couleur du temps (1912-1920) (1925)
“ Le fracas monotone et rude de la vie S'apaise et peu à peu s'idéalise en chant. Laisse-toi caresser par la vague harmonie Qui passe dans l'air tiède et dans l'arbre penchant. Car l'heure au pur sourire, ô mon âme, est venue, Avec ses tristes yeux où rêve le passé, Toute simple et piquant, d'un beau geste lassé, D'un chrysanthème blanc sa chevelure nue. Comme un roi défaillant qui sent venir la mort, Le soir pour l'accueillir prolonge sa lumière Et l'automne amoureux de sa grâce légère Déroule ses tapis tissés de pourpre et d'or. ”
