Hilaire Launais

Résumé

Hilaire Launais Couleur du temps (1912-1920) (1925)

Le fracas monotone et rude de la vie S'apaise et peu à peu s'idéalise en chant.
Laisse-toi caresser par la vague harmonie Qui passe dans l'air tiède et dans l'arbre penchant.
Car l'heure au pur sourire, ô mon âme, est venue, Avec ses tristes yeux où rêve le passé, Toute simple et piquant, d'un beau geste lassé, D'un chrysanthème blanc sa chevelure nue.
Comme un roi défaillant qui sent venir la mort, Le soir pour l'accueillir prolonge sa lumière Et l'automne amoureux de sa grâce légère Déroule ses tapis tissés de pourpre et d'or.
Source : Gallica

Hilaire Launais Couleur du temps (1912-1920) (1925)

Regarde : encore un soir éblouissant et tendre, Un soir d'or et de pourpre au bord du ciel profond ; Et la nappe du fleuve est comme un lac sans fond Où toute la splendeur du ciel semble descendre.
L'horizon nuancé comme un fond d'aquarelle Est d'un vol blanc de clairs nuages effleuré ; L'eau calme est comme un lac lumineux et moiré Où le vent fait trembler des reflets, d'un coup d'aile ;
Et tout à l'heure, énorme et jaune au lointain pur, Par delà le brouillard mauve où glisse le fleuve, Nous verrons resplendir la lune toute neuve Dans un frisson nacré de lumière et d'azur.
Source : Gallica

Hilaire Launais Couleur du temps (1912-1920) (1925)

Voici l'ombre s'enfuir avec ses cauchemars, Son fiévreux délire et ses voluptés vaines ; Mon âme boit l'espoir en de longues haleines Dans la virginité de l'aube aux doux regards.
XXXVI
TIÈDE BRISE SI DOUCE.
Tiède brise si douce à mon âme troublée Dont le souffle berceur passe comme un frisson Par-dessus la colline et la belle vallée, Messagère du soir qui vient de l'horizon ; Sylphe mystérieux des collines bleuies Qui glisse mollement sur les prés onduleux, Que ton haleine est douce aux âmes éblouies Par le rayonnement des lourds midis trop bleus !
Source : Gallica

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