Armand Silvestre,
Poésies de Armand Silvestre, 1866-1872…
(1892)
“ « Sinistre compagnon dont je suis la pâture, Vole et porte mon coeur saignant à tes petits. « Tu n'as pas fait encor le tour de ma blessure : J'ai de larges festins pour tes grands appétits ! Ce n'est pas toi qui fais ma suprême torture, Vautour, tombeau vivant qui, vivant, m'engloutis. « Lugubre oiseau de proie, ami des funérailles, Sans pitié ni remords laboure mes entrailles : Tes serres ni ton bec n'égaleront jamais « Le tourment qui me vient de l'azur implacable... Ironique splendeur, voûte d'or qui m'accable, Sérénité des cieux profonds, que je te hais ! » ”
