Armand Silvestre,
Contes à la brune
“ Plus haut que les ruisseaux débordants, plus haut que cette mer de boue qui peut s'étendre mais ne saurait s'élever,—car les océans bleus ont seuls des vagues audacieuses,—planent l'immortel soleil de nos espérances et l'immortel objet de nos désirs. Plus haut, sur un autel tout embrumé de l'encens de mes voeux, sont posés tes pieds divins et blancs, ma bien-aimée aux noirs cheveux, grand lis debout dans la solitude jalouse de mes rêves, consolation du terrestre exil, toi qui, d'un sourire, me fermes l'horizon, et qui, d'un baiser, m'ouvres l'infini! ”
