Gabriele D'Annunzio,
Poésies, 1878-1893.
(1912)
“ Ton dieu, ô misérable, est un dieu sans pitié. Tu appelles en vain la mort. Non, tu ne mourras pas, tu n'auras pas de repos; jamais, jamais tu ne pourras dormir. Ce qui est mort, c'est le sommeil : ce doux ami, le sommeil! Toi, tu ne mourras pas. Pour toi, toujours la lumière ; Pour toi, même dans les ténèbres, la lumière, toujours la lumière. Ton dieu, ô misérable, est un dieu sans pitié. —Misérable que je suis ! Ni le sommeil ne me fermera les yeux, ni la mort... Oh, non, ce n'est pas vrai! Faites-moi dormir, vous, chères mains ; donnez-moi le repos ! ”
