Gabriele D'Annunzio

Gabriele D'Annunzio

Résumé

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Poésies, 1878-1893. (1912)

Ton dieu, ô misérable, est un dieu sans pitié. Tu appelles en vain la mort. Non, tu ne mourras pas, tu n'auras pas de repos; jamais, jamais tu ne pourras dormir. Ce qui est mort, c'est le sommeil : ce doux ami, le sommeil! Toi, tu ne mourras pas. Pour toi, toujours la lumière ;
Pour toi, même dans les ténèbres, la lumière, toujours la lumière. Ton dieu, ô misérable, est un dieu sans pitié. —Misérable que je suis ! Ni le sommeil ne me fermera les yeux, ni la mort... Oh, non, ce n'est pas vrai! Faites-moi dormir, vous, chères mains ; donnez-moi le repos !
Source : Gallica

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Poésies, 1878-1893. (1912)

Tout, tout redeviendra comme au temps lointain. Dans ta main pure je mettrai tout mon coeur. Rien n'est encore irréparable.
Rêve, rêve! Je vivrai de ta vie. Simple et profonde sera la vie où je revivrai. La légère hostie qui purifie, je la recevrai de tes doigts.
Rêve : car le temps est venu de rêver. Je te parle. Dis : ton âme me comprend-elle? Vois-tu? Dans l'air flotte et s'allume comme le fantôme d'un avril défunt.
Septembre (dis : ton âme m'écoute-t-elle?) a dans son odeur, dans sa pâleur, je ne sais quoi qui est comme l'odeur et la pâleur d'un printemps désenseveli.
Source : Gallica

Portrait de Gabriele D'Annunzio Gabriele D'Annunzio Poésies, 1878-1893. (1912)

Exilé, moi aussi, rêvant à toi, toujours à toi rêvant, ô Rome, je ne suis pas Ovide parmi les barbares chevelus ;
Et ce n'est pas la colère de César qui m'a frappé ; mais c'est la funeste déesse qui règne sur ta campagne inculte et sacrée.
Elle m'a visité dans mon sommeil, la Fièvre livide; et le mortel poison s'est, hélas! répandu dans tout mon sang.
Lugubre est mon périr, quoique ce ne soit pas ici le Pont sauvage et que je n'aie pas à craindre de recevoir au coeur la flèche du Scythe.
Sous un ciel serein, l'exil est plus dur pour un coeur auquel rien ne reste de ce qu'il aima.
Source : Gallica

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