“ Je ne sais ! — mais j’ai un frisson qui me va jusqu’au cœur : frisson de froid ou frisson d’orgueil. Le ciel est clair et dur comme une plaque d’acier... Quelques jupons éclairent de blanc les trottoirs ; on voit à cent pas devant soi... ”
Frisson
Définition et enjeux
Le frisson, réaction physiologique des animaux homéothermes face à des stimuli externes, illustre une interaction entre mécanismes thermorégulateurs et états émotionnels. Chez l’humain, il se déclenche par le froid, les allergènes ou des émotions intenses, impliquant des thermorécepteurs périphériques et centraux, ainsi que des contractions musculaires rapides.
Des auteurs comme Jules Vallès ou Émile Zola ont exploité ce phénomène pour traduire des états psychiques, associant le frisson à l’orgueil, à la volupté ou à la mélancolie. Cette réaction, étroitement liée à la température corporelle et à la peau, révèle des dimensions biologiques et sensorielles universelles.
Citations sur le frisson
Pierre Alexis Ponson du Terrail,
Dernier mot de Rocambole. I. Les Ravageurs…
(1868)
“ Un frisson, imperceptible d'abord, et qui va grandissant, s'empare de votre corps. Puis le frisson grandit toujours ; tous les membres tremblent, les dents claquent, l'estomac se serre, le cœur vient sur les lèvres. ”
“ Un frisson ! Et lorsque vient le soir, quand plus mélancoliques Nos psychologues vont chercher la pâmoison, Prendre des airs d’Hamlet dans les maisons publiques, Ils nous la font encore avec le vieux frisson. III Ce siècle qui finit est plein de dilettantes Obligés de se taire et de se renfermer, Et qui nous apprendraient des choses étonnantes S’ils avaient sous la main de quoi les exprimer. Les uns sont beaux, parés, couronnés, olympiques, Ils rêvent un soleil nouveau chaque matin, Des amours de dieu jeune et des palais féeriques Qui crouleraient sous l’or, la chair et le satin. ”
“ C’était un frisson universel, ce frisson voluptueux des champs dont un orage a abattu la poussière. Et ce frisson qui courait dans la nuit noire, prenait aux ténèbres leur charme mystérieux et pénétrant. ”
Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Que ma fatigue et son ardeur : Qu’aucune ombre, qu’aucune écorce Ne protège un si faible cœur, Qu’aucune flèche, aucune flamme, Qu’aucune aride pâmoison Ne soit épargnée à cette âme Qui veut défaillir de frisson. ”
Armand Renaud, Les Nuits persanes (1896)
“ QUAND tu viens à moi, je sens Le frisson du vent nocturne, Le désir, comme un encens, Brûle en mon coeur qui sert d'urne. Les cils flottant sur tes yeux Me charment tant que j'en souffre; Je vais si loin dans les cieux Que je me figure un gouffre. ”
Pierre de Coubertin,
Essais de psychologie sportive
“ Quand, par hasard, quelque ensemble vraiment eurythmique se dresse devant nous, un frisson de joie nous secoue. Il y a là l’embryon d’une renaissance, le point de départ d’un mouvement qui ira s’accentuant rapidement. ”
Jacques d’Adelswärd-Fersen,
Messes noires ; Lord Lyllian
“ J’ai la jeunesse, la force, le besoin d’aimer. Le matin quand je me lève, le soir quand je me couche, la nuit quand je rêve... toujours, toujours, je sens en mon corps voluptueux et muselé, le long de mes membres blancs, un frisson indicible, un frisson de caresse et de langueur. ”
“ Lointaine, qu’emplirait une vague odeur d’ambre Et comme le parfum ressuscité d’un lit Où son corps tant de fois pleuré s’ensevelit, Et qui, depuis, toujours, de minute en minute Prolonge le frisson de la suprême lutte. ”
Emmanuel Desrosiers, La Fin de la terre
“ Le frisson nous gagne de penser au déchirement de la nébuleuse qui donna naissance à la terre, l’enfantement d’un monde dans les nues embrasées et la chute à travers les espaces où pullulait la matière cosmique. ”
“ Le ciel ouvert, le frisson que la jouissance divine peut mettre dans le corps de la femme, la volupté de la foi poussée jusqu’au spasme, la créature perdant le souffle, mourant de plaisir aux bras de son Dieu !... ”
Guy de Maupassant,
Le Horla
(1887)
“ Un frisson me saisit soudain, non pas un frisson de froid, mais un étrange frisson d’angoisse. ”
“ Ô caresses vers qui vont les vœux et les craintes ! Nous pleurons la douceur des mots et les étreintes En qui nos âmes ont vibré. Un frisson hante nos vertèbres, Nos pieds saignent, nos yeux sont pleins de cécités. ”
Souvenir du cinquantenaire de M. Got… (1894)
“ Oh! sentir notre cerveau, nos sens, notre nature même transformés par l'hôte mystérieux que notre volonté a substitué en nous ; sentir dans notre poitrine s'agiter tumultueusement un cœur dont nous ne reconnaissons pas les battements; percevoir des sensations, déduire des idées, enchaîner des mots selon des rythmes qui nous étonnent ; assister à cette transformation de son être ; voilà une ivresse que notre art seul peut donner ! - Et vous le connaissez, ce frisson de voluptueuse angoisse qui accompagne, à de certains moments, un élan spontané, un cri, un soupir du personnage qui vit en nous! ”
Hégésippe Moreau,
Contes à ma soeur : précédés d'un choix de poésies
(1901)
“ Mais pour bien savourer ce bonheur solitaire Qu'assaisonne d'avance un jeûne volontaire, Ne regardez jamais autour de vous ; passez De vos larges manteaux masqués et cuirassés, Car, si vos yeux tombaient sur les douleurs sans nombre Qui rampent à vos pieds et frissonnent dans l'ombre, Comme un frisson de fièvre, à la porte d'un bal, La pitié vous prendrait, et la pitié fait mal. ”
Élie Faure,
Histoire de l'Art. L'Art moderne…
(1921)
“ Un ventre frissonnant, une poitrine remuante, une tête tourmentée, bosselée, creusée, impérieusement vivante où le sang, le fluide nerveux, la pensée battent, faisant paraître toutes choses neutres et mornes alentour, cela suffit. Une indication de mouvement, une tache sur un dessin, une vibration colorée qui déborde ou laisse déborder ses lignes, comme une éclaboussure de flamme qui se tord, s'affaisse ou s'élance, et voici le frisson de ce qu'il y a de plus furtif et de plus fulgurant dans l'esprit même de la forme par qui sa vie mystérieuse nous pénètre incessamment. ”
Jean de La Fontaine,
Œuvres complètes de La Fontaine
“ Ayant parlé du pouls, le frisson se presente. Un froid avancoureur s’en vient nous annoncer Que le chaud de la fievre aux membres va passer. Le cœur le fomentoit, c’est au cœur qu’il s’augmente. ”
Alphonse Laveran,
Traité d'hygiène militaire, par A. Laveran…
(1896)
“ Les uns, pâles et abattus par l'inanition et le froid, tombaient en défaillance et mouraient au bout de quelques instants, les autres étaient pris d'un frisson auquel succédaient la langueur et une tendance invincible au sommeil. ”
Maurice Rollinat,
Les névroses : les âmes, les luxures…
(1883)
“ Quel problème insoluble et fou Te bouleverse, Toi que la science a jauni, Vieil athée âpre et racorni? - « C'est le frisson de l'Infini Qui me traverse! » Le strident quintessencié, Edgar Poe, net comme l'acier, Dégage un frisson de sorcier Qui vous envoûte ! Delacroix donne à ce qu'il peint Un frisson d'if et de sapin, Et la musique de Chopin Frissonne toute. Les anémiques, les fiévreux, Et les poitrinaires cireux, Automates cadavéreux A la voix trouble, Tous attendent avec effroi Le retour de ce frisson froid Et monotone qui décroît Et qui redouble. ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 18
(1908)
“ Je m’éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge.—Pourquoi?—Je descends le long de l’eau; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m’attendait chez moi.—Pourquoi?—Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme? ”
Ernest Cœurderoy,
Jours d’Exil, tome III
“ L’air se parfume et s’épure, il est moins lourd à nos poumons. Un frisson de bonheur court par nos veines ; nous sentons des ailes grandir sur nos épaules ; nous sommes prêts à nous élancer dans des mondes meilleurs. ”
Ludovic Legré,
Favorin d'Arles, sa vie, ses oeuvres…
(1900)
“ Et non-seulement il se fait sentir , mais il occasionne des sensations très diverses tantôt agréables et salutaires , tantôt pénibles et pernicieuses . Lorsque la chaleur n' abandonne pas le corps , qu' elle lutte à l' intérieur contre l' envahissement du froid , ce combat porte le nom de tremblement et de frisson . ”
Ferdinand Dugué,
Le Vol des heures, poésies, par Ferdinand Dugué…
(1839)
“ Un désir pour le coeur, un frisson pour le sang ! Mes jours pleins de soleil, mes nuits pleines d'étoiles De leurs fronts pour jamais ont écarté les voiles, 42 LE VOL DES HEURES. Le vaste ciel est pur à tous ses horizons, Des sources à mes pieds naissent dans les gazons Et mes cheveux épars, où le vent glisse et joue, Comme autant de baisers frémissent sur ma joue!... Des misères d'un jour, ennuis, doutes, regrets, Avaient à mon repos porté des coups secrets, Mais les serpents n'ont plus ni venin ni morsures ”
Emmanuel Kant,
Anthropologie d’un point de vue pragmatique
“ Le frisson qui s’empare de l’homme, même dans la représentation du sublime, et l’effroi qui poursuit les enfants jusque dans leur couchette à la suite des contes de leurs nourrices, sont de la dernière espèce ”
Guy de Maupassant,
Contes de la bécasse
(1883)
“ J'eus une sorte de frisson désagréable, un de ces effleurements pénibles qui nous touchent le coeur, comme l'approche d'un lourd chagrin. ”
Paul-Max Simon, Le monde des rêves (1882)
“ Pour résoudre cette question, nous commencerons par rappeler que, dans l'expression de toutes les passions, de toutes les émotions, certains appareils organiques entrent particulièrement en jeu : pour nous en tenir à une seule espèce d'émotion, dans la crainte, le cœur bat, et lorsque ce sentiment est porté jusqu'à la terreur, la respiration devient haletante, le frisson se fait sentir, la peau s'horripile, etc. ”
Charles Richet,
Dictionnaire de physiologie. Tome VI, F-G
(1904)
“ Le frisson est caractérisé par la sensation de froid, le spasme des vaisseaux cutanés et le tremblement musculaire. Le frisson peut avoir une étiologie très variable, et on distingue le frisson psychique provoqué par un état mental particulier, le frisson réflexe par impression du froid sur la surface cutanée, le frisson d'origine central par refroidissement des centres, et le frisson fébrile. ”
Hippocrate,
Oeuvres choisies d'Hippocrate,…
(1855)
“ Ceux qui ont des frissons et des sueurs abondantes sont dans un état très-difficile. 14. Les frissons réitérés avec stupeur, sont [des frissons] de mauvais caractère. (Prorrh. 35.) 15. Quand le frisson survient vers le sixième jour, la crise est difficile. (Aph. IV, 29.) 16. Tous ceux qui dans un état de santé [apparente] sont pris de frissons réitérés, deviennent empyématiques à la suite d'hémorragies [pulmonaires] . (Coaq. 422; Epid. VII, 82.) 17. Le frissonnement et la dyspnée dans les souffrances [de poitrine] sont des signes de phthisie. ”
Pierre Roussel, Analyse raisonnée des ouvrages de médecine de Théophile Bordeu… (1825)
“ Dans le temps du frisson , la surface du corps se resserre , le calibre des vaisseaux diminue, et les humeurs se portent à l'intérieur. Dans celui de la chaleur qui succède au frissonnement , le corp s, semble se gonfler et prendre un nouveau degré d'accroissement : la masse des humeurs se porte au dehors , ce qui est une preuve que les viscères se sont dégagés de la surabondance des humeurs dont ils se trouvaient chargés pendant le resserrement. ”
Alexis Bouvier,
Caulot le garde-chasse
(1883)
“ Je sens encore la fièvre qui me brûle, et j'ai des frissons qui me font tressaillir. Il verra tout ça, lui!. Est-ce que j'aurai assez de calme pour inventer sans me tromper, sans tomber dans ses pièges?. ”
Émile Zola,
L’Assommoir
(1877)
“ Elle souleva lentement ses paupières blanches, et voulut sourire de ses lèvres qu’un frisson convulsait. ”
“ Ils collectionnent des frissons, des gestes, des bruits, des nuances de l’eau, des plis de vêtements, des cris de passion, des expressions de douleur, des maladies, tout ce qui est la vie et la mort de leur temps. ”
“ Un jour, il frissonna et pâlit en la voyant entrer de son pas silencieux, le visage composé dans une douleur extraordinairement calme, aussi sûre que si elle arrivait des profondeurs de la Sagesse, de là où toutes les agitations humaines semblent un jeu des vents sur la poussière d’une route sans fin. ”
Arthur Rimbaud,
Une saison en enfer
(1892)
“ Et les frissons s'élèvent et grondent, et la saveur forcenée de ces effets se chargeant avec les sifflements mortels et les rauques musiques que le monde, loin derrière nous, lance sur notre mère de beauté, — elle recule, elle se dresse. ”
Émile Goudeau,
La vache enragée
(1885)
“ Nous voulons, au contraire, prendre les troubles vrais, les frissons déjà ressentis par les êtres qui nous coudoient, les rêves qu'ils ont vraiment eus la nuit ou le jour, sans se douter, pauvres messieurs jourdains, qu'ils avaient des rêves, des frissons, des troubles ”
Henri-Honoré Quotard-Piorry, Traité sur la non-existence des fièvres essentielles (1830)
“ Aux frissons qui durent de six à douze heures, succède une chaleur sensible au tact, et très-incommode dans les parties du corps oui restent couvertes, tandis que des frissonnemens se font ressentir aux parties exposées à l'air. ”
“ O cœur où veilla sans cesse une si douce flamme d’amour ; cerveau, siège d’une pensée si pure ; yeux charmants où la bonté rayonnait ; longue et délicate main que j’ai pressée tant de fois, je frissonne d’horreur quand je songe que vous êtes en poussière. ”
Victor Hugo,
Le Dernier Jour d'un Condamné
(1829)
“ Quand j’ai rêvé une minute à ce qu’il y a de passé dans ma vie, et que j’en reviens au coup de hache qui doit la terminer tout à l’heure, je frissonne comme d’une chose nouvelle. Ma belle enfance ! ma belle jeunesse ! étoffe dorée dont l’extrémité est sanglante. Entre alors et à présent, il y a une rivière de sang ; ”
Hippocrate,
Dictionnaire de médecine dogmatique…
(1816)
“ MALADIE, n.° 29 , SUEUR , n.° 26, VOMISSEMENT , n.° 14. Présages d'autres maladies. 8. Les insomnies avec frissons spasmodiques qui redoublent quelquefois le soir , avec délire nocturne et un écoulement involontaire d'urines , sont suivies de convulsions. Coac. j. 28. A. 525. g. Ceux qui, dans le commencement des fièvres, ont des insomnies, avec agitation des membres , qui perdent quelques gouttes de sang par le nez , qui se trouvent mieux au sixieme jour , et plus mal la nuit suivante , qui suent à plusieurs reprises, avec délire et assoupissement ”
André Gide,
Les Nourritures terrestres
“ Combien de ce matin délicieux, de cette brume et de cette lumière, de cette fraîcheur aérée, de cette pulsation de ton être, la sensation te donnerait plus de délices encore, si tu savais t’y donner tout entier. Tu crois y être, mais la meilleure partie de ton être est restée ; ta femme et tes enfants, tes livres et ton étude la détiennent et te la dérobent à Dieu. Crois-tu pouvoir, en cet instant précis, goûter la sensation puissante, complète, immédiate de la vie, — sans l’oubli de ce qui n’est elle ? ”
Émile Zola,
Au bonheur des dames
(1883)
“ La femme se rhabillait, le flot blanc de cette tombée de linge rentrait dans le mystère frissonnant des jupes, la chemise raidie par les doigts de la couturière, le pantalon froid et gardant les plis du carton, toute cette percale et toute cette batiste mortes, éparses sur les comptoirs, jetées, empilées, allaient se faire vivantes de la vie de la chair, odorantes et chaudes de l’odeur de l’amour, une nuée blanche devenue sacrée, baignée de nuit, et dont le moindre envolement, l’éclair rose du genou aperçu au fond des blancheurs, ravageait le monde. ”
Desportes, Ô bienheureux qui peut passer sa vie
“ Des monts, des eaux, des forêts et des prées, Qui me privez de pensers soucieux, Et qui rendez ma volonté contente, Chassant bien loin la misérable attente, Et les désirs des cœurs ambitieux ! Dedans mes champs ma pensée est enclose. Si mon corps dort mon esprit se repose, Un soin cruel ne le va dévorant : Au plus matin, la fraîcheur me soulage, S’il fait trop chaud, je me mets à l’ombrage, Et s’il fait froid, je m’échauffe en courant. ”
Ambroise-Auguste Liébeault,
Du Sommeil et des états analogues…
(1866)
“ C'est ainsi qu'une pensée de bonheur ou un accès de joie sont accompagnés d'une respiration libre, d'un surcroit d'activité de la circulation et d'une augmentation de la chaleur du corps; un sentiment de pudeur développe l'incarnat des joues ; la méprise fait battre le cœur ; la tristesse amène la sécrétion des larmes, l'inappétence ; le saisissement donne la colique ; la crainte a pour conséquence la diarrhée; l'envie est accompagnée de la pâleur de la face ; le désespoir serre la respiration et rend la peau froide et décolorée ”
“ Au moment délicieux que vous vous sentez glisser dans un sommeil pareil à l’eau tiède, un choc sec et sournois, comme un déclic, vous frappe au cœur ; puis un second, plus vif ; puis d’autres encore qui, peu à peu, en progression régulière, grossissent, se multiplient, fourmillent. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Avant de venir ici, comme j’avais la mort dans le cœur, j’ai pris un breuvage pour appeler le sommeil... et le sommeil va venir... mais tant que je puis encore vous écouter, parlez-moi... demandez-moi ce que vous voulez. ”
Giacomo Leopardi,
Poésies et Œuvres morales
“ Et quand triste, fatigué, épuisé, je fermais mes yeux au sommeil, ce sommeil, entrecoupé comme par le délire de la fièvre, me manquait bientôt. Ô combien vive au milieu des ténèbres surgissait la douce image ! comme mes yeux fermés la contemplaient sous leurs paupières ! ”
J.-P. Galiay, Cours d'hygiène élémentaire à l'usage des élèves-maîtres de l'école normale du département des Hautes-Pyrénées… (1847)
“ Les sensations internes ont leur siège dans les organes intérieurs : elles sont le résultat de leurs besoins, comme la faim, la soif, le travail de la digestion, le sentiment de malaise et de lassitude qui part aussi de l'intérieur, et qui réclame le repos ou le sommeil. Le plaisir et la douleur sont fréquemment des sentiments intérieurs. Ainsi une illusion, un souvenir ou une forte préoccupation font souvent tressaillir de bonheur ou de crainte, comme une sensation extérieure ou réelle. Mais tout ce qui se rattache aux sensations intérieures appartient moins à l'hygiène qu'à la physiologie. ”
