Jacques d’Adelswärd-Fersen

Jacques d’Adelswärd-Fersen

Résumé

Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Messes noires ; Lord Lyllian

C’était Lyllian qui bondissait de sa cachette, se plantait devant la diplomate, protégeant le lit.
Vraiment, il y a des cas où l’homme a l’air d’une oie. Jamais ce n’était arrivé au paroxysme atteint par M. d’Herserange. Lui, M. d’Herserange, en caleçon au moment où — quelle horreur — il allait accomplir sa gymnastique avec une femme ! Lui, pincé par ce diable de garçon qu’il adorait et qu’il craignait. Tout cela M. d’Herserange l’avouait par sa mine piteuse et sa pose de coq vaincu. Il avait croisé les mains sur le pan de sa chemise et semblait la statue tragique de la Fatalité.
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Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Messes noires ; Lord Lyllian

Renold, mon Renold, pourquoi fais-tu cela ?...
André, à bout de souffle, s’arrêtait, des larmes pleins les yeux. Lyllian, stupéfait de cette douleur soudaine, de cette torture muette, ne savait quoi répondre.
— Voyons... Renold... tu comprends que je suis sincère... tu as bien deviné que je t’aimais — farouchement. C’est la première fois que j’aime quelqu’un. Tu m’as tellement conquis, tu as fait de moi si bien ta chose, qu’on pourrait m’offrir toutes les guérisons du monde : ce n’est pas possible. C’est toi qui m’as appris l’amour...
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Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Messes noires ; Lord Lyllian

Je m’en vais, abandonné de tous, même de vous, parce qu’on ne nous reconnaît pas le mérite du rêve ; plaint sans qu’on veuille le dire, regretté sans qu’on puisse l’avouer, tant calomnié que plus tard d’autres générations condamneront la mienne, tant haï que je suis terrassé, au fond d’une geôle, par la tristesse, par le dégoût et par l’ennui. Ma seule espérance est dans le néant, mon unique amour dans la mort. Dans la mort que j’ai adorée et que j’ai célébrée comme la fin de la souffrance, comme le repos et comme la volupté ! Qu’elle est immense et vengeresse en face de la bête humaine.
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