Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand Soleils d’Hiver

Marseille, puis Toulon, puis Cannes, point extrême
Où notre vol s’arrête, où, sous les verts palmiers,
Accrochant notre nid ainsi que deux ramiers,
Oubliés, oublieux de la terre et des hommes,
Insouciants et gais, vrais enfants que nous sommes,
Nous vivons l’un pour l’autre et l’un par l’autre aussi...
Non, ce n’est point un rêve, et je suis bien ici,
Moi Georgette, bien moi, devant cette fenêtre,
Aspirant un air pur qui baigne tout mon être,
Et le cœur plein de vous, mon cher maître et seigneur...
Source : Wikisource

Jacques Normand Soleils d’Hiver (1897)

Vont s'échangeant à l'aventure.
L'azur nous sourit au travers De nos paupières demi-closes, Pointillé de nuages roses Qui glissent, frêles et divers. Que nous importent tous les vers, O Seigneur! et toutes les proses!... L'azur nous sourit au travers De nos paupières demi-closes.
Qu'importent tous les rêves fous Qui s'agitent en ce bas monde, Pourvu que la terre soit ronde Et qu'on soit dessus, non dessous! En vrais païens, enivrons-nous De ces flots de lumière blonde... Qu'importent tous les rêves fous Qui s'agitent en ce bas monde!
Source : Gallica

Jacques Normand Soleils d’Hiver (1897)

Quel supplice cruel, en tout temps, en tous lieux, Mais plus cruel peut-être et plus digne de plainte En ces pays bénis où le soleil joyeux, Loin des brumes du nord, s'étale sans contrainte;
Où les regards charmés trouvent, pour s'y poser, De plus riants contours, des formes plus câlines; Où la lumière d'or caresse d'un baiser Le velours gris et vert tapissant les collines;
NICE 95
Où, dans un flot plus clair, reflet d'un ciel plus pur, Le vaisseau plus léger plus doucement se mire; Où la gaîté rayonne et vibre dans l'azur... Où tout est grâce, ivresse, harmonie et sourire!
Source : Gallica

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