“ Et Dieu dit : “Voici que je vous donne toute herbe portant semence à la surface de toute la terre, et tout arbre qui porte un fruit d’arbre ayant semence ; ce sera pour votre nourriture. 30. Et à tout animal de la terre, et à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture.” ”
Herbe
Définition et enjeux
L’herbe, plante non ligneuse et souvent verte, désigne un vaste ensemble de végétaux tels que les graminées, les joncs et les carex. Elle colonise des écosystèmes variés, des prairies aux toundras, et suscite des réflexions à la fois botaniques et poétiques.
Des auteurs comme Goethe mettent en évidence son lien avec la vie, tandis que des poètes comme Verhaeren glorifient sa douceur et sa régénération. En botanique, elle constitue des formations végétales fondamentales, tout en occupant une place symbolique dans les cultures humaines, entre alimentation, médecine et spiritualité.
Citations sur l'herbe
Augustine Bulteau,
Un voyage. Belgique, Hollande, Allemagne…
“ Non, l’herbe qui fleurit, répand sa graine, plie ses minces glaives au poids des insectes vibrants, l’herbe pareille à une promesse, le garde, veille sur lui — l’herbe éternelle ! Et dans les immenses prairies elle nous offre une image de la vie, pure, généreuse, doucement continuelle. Plus que les beaux blés à court destin et qui laissent après eux le sol nu, plus que l’arbre même, elle est ce qui se donne, renaît, dure sans fin, ce qui ne veut pas mourir. ”
Albert Laberge,
Hymnes à la terre
“ Sur tout le terrain, l’herbe était d’un beau vert, de ce vert du printemps qui vous fait toujours penser aux années de votre enfance alors que vos yeux s’émerveillaient de tout : d’une petite fleur, de la couleur ou de la forme d’un nuage, des jeunes feuilles qui commençaient à poindre et de tout ce ferment de vie qui était en vous. Avec volupté, je foulais cette herbe qui est une caresse pour l’œil et qui est si douce, si moëlleuse sous les pieds. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ L’herbe est molle au soleil sous les frais peupliers, Aux pentes des sources moussues Qui, dans les prés en fleurs germant par mille issues, Se perdent sous les noirs halliers. Repose, ô Phidylé ! Midi sur les feuillages Rayonne, et t’invite au sommeil. ”
Édouard Grimard, L'esprit des plantes : silhouettes végétales (1869)
“ Une plante c'est l'arbre de la forêt, le légume du jardin, l'herbe de la prairie. — Fort bien; mais êtes-vous bien sûr de toujours reconnaître une plante, et de ne pas hésiter davantage en présence de telle créature équivoque qu'on placerait devant vos yeux, que vous n'hésitez entre l'oiseau qui vole et l'arbuste où il vient se poser? ”
Émile Verhaeren,
Les Blés mouvants
“ Mais voici tout le ciel redevenu vermeil. Alors, dans l’herbe en fleur qui de nouveau t’accueille, Tu tends du bout des doigts, pour qu’il sèche au soleil, Le fruit mouillé que tu cueillis, parmi les feuilles. ”
Eugène Muller, La forêt : son histoire, sa légende… (1878)
“ Comme ils ont bien tous et leur place voulue, et leur signe distinctif ! A terre, la feuille morte au rossignol; sur l'arbrisseau, l'herbe sèche à la fauvette, à la pie-grièche ; sur les premières enfourchures du grand arbre, les racines, la boue et la grosse paille au geai; plus haut la mousse, le crin, le lichen au pinson, au chardonneret ; les brindilles à la tourterelle ; dans les cimes enfin les baguettes épineuses, l'herbe fine à la pie; les écorces, la mousse, la laine, le poil au corbeau... ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les affinités électives
“ Chaque arbre qui verdit, fleurit et porte ses fruits sous nos yeux, chaque plante que nous trouvons sur notre passage, chaque brin d’herbe que nous foulons à nos pieds, ont des rapports directs avec nous et sont nos véritables compatriotes. ”
Alphonse Daudet,
Lettres de mon moulin
(1887)
“ Plus de corde, plus de pieu... rien qui l’empêchât de gambader, de brouter à sa guise... C’est là qu’il y en avait de l’herbe ! jusque par-dessus les cornes, mon cher !... Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes... ”
Stella Blandy,
Un oncle à héritage
“ Oui ; le grand sérieux que vous mettez à étudier ces brins d’herbe me rappelle mon fils qui examine chaque nouvelle plante, et les cultive toutes avec passion. Il parle de leurs habitudes, de leurs goûts, de leurs répugnances de voisinage, comme s’il parlait d’êtres raisonnables. ”
Émilie Carpentier, La botanique d'Andrée (1887)
“ En écrivant pour vous, mes jeunes amis et amies, la Botanique d'Andrée, l'auteur n'a point eu la prétention de faire un livre de haute science; non, il a eu tout bonnement la pensée d'éveiller en vous le goût des plantes et l'amour de la nature, et de vous montrer, à votre portée, là, tout près de vous, une source de jouissances saines et pures. Quoi de meilleur qu'une promenade aux champs ou en forêt, quand on sait voir, regarder et observer? Chaque brin de mousse, chaque herbe ou fleurette est plus riche en merveilles, en. grâce ou en beauté que tous les jouets de la terre ensemble. ”
Johann Rudolf Wyss,
Le Robinson suisse, journal d'un père de famille naufragé avec ses enfants…
(1878)
“ Une herbe courte, épaisse, parfaitement nette, sans buissons ni épines, - croît autour et dessous, entre les racines détachées de terre ; de sorte que tout se réunit pour faire de ces lieux la place de repos la plus fraîche, la plus parfaite et la plus délicieuse. ”
“ Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Tant que la circulation de ces fluides existe, que la plante croît & se soutient ; cet état de mollesse, qui permet l’accroissement & le développement, se conserve & la plante parvenue même à son état de perfection, n’est qu’une herbe délicate qui plie dans tous les sens, & cède à tous les efforts. ”
Opuscules religieux et poétiques (1847)
“ Les eaux s'écoulent des nuages, La terre leur ouvre son sein ; Les fruits , l'un de tes doux ouvrages, Par l'arbre sont produits soudain ; Le sol couvert de l'herbe , sa parure , A l'animal présente sa pâture , Ou des humains pour fournir aux besoins, Quand , toutefois, ils lui donnent ses soins, Partout leur offre , et presque en chaque plante, Des mets divers, nourriture abondante. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Quand nous habitions tous ensembleSur nos collines d'autrefois,Où l'eau court, où le buisson tremble,Dans la maison qui touche aux bois, Elle avait dix ans, et moi trente;J'étais pour elle l'univers.Oh! comme l'herbe est odoranteSous les arbres profonds et verts! ”
lieutenant Licart, Le cheval barbe et son redressage (1930)
“ « L'herbe signifie tout, si l'on sait comprendre l'herbe. Si elle pousse sur certains sols, sur certains crus, elle donnera la vigueur, la densité, la nervosité; si elle pousse sur certains autres, elle affirmera la lymphe, les tissus adipeux, la graisse. et l'herbage c'est l'eau, c'est le climat, c'est l'air, c'est l'oxygène; c'est l'espace; c'est toutes les conditions naturelles visibles ou occultes qui font des animaui grands ou petits, robustes ou malingres, vifs ou lents, nerveux ou lymphatiques, résistants ou fragiles. Et surtout l'herbe c'est le cru et le cru en élevage c'est tout ». ”
Alfred de Vigny,
La maison du berger : poème
(1844)
“ La Nature t'attend dans un silence austère ; L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs, Et le soupir d'adieu, du soleil à la terre, Balance les beaux lys comme des encensoirs. La forêt a voilé ses colonnes profondes, La montagne se cache, et sur les pâles ondes Le saule a suspendu ses chastes reposoirs. ”
Henri de Régnier,
Les Médailles d’argile
“ Prends le livre. Assieds-toi dans l’herbe où ton fuseau Également chargé de laine blanche et noire Enroule à son ébène et lie à son ivoire Son double fil oisif que ne rompt nul ciseau. L’herbe frôle en tremblant tes mains ; le ciel est beau Et la verte prairie autour de toi se moire. Vois, regarde passer aux marges du grimoire Ou l’ombre d’une feuille ou l’aile d’un oiseau. D’un vent tendre et léger aux heures de la Vie Le Printemps tournera la page qu’il oublie ; Voici l’Été. Souris. Écoute. Lis encor... Le doux soleil tiédit le livre qu’il caresse Pour que l’année heureuse, à l’automne, te laisse ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ Je rentre dans mon for intérieur, comme un lièvre dans son gîte : là je me remets à contempler la feuille qui remue ou le brin d’herbe qui s’incline. ”
Henri de Régnier,
Les Jeux rustiques et divins
“ Un petit roseau m’a suffi Pour faire frémir l’herbe haute Et tout le pré Et les doux saules Et le ruisseau qui chante aussi ; Un petit roseau m’a suffi À faire chanter la forêt. ”
George Sand,
Pages choisies des grands écrivains…
“ « J’ai passé, écrit-elle à un ami, bien des heures de ma vie à regarder pousser l’herbe, ou à contempler la sérénité des grosses pierres au clair de la lune. Je m’identifiais tellement au mode d’existence de ces choses tranquilles, prétendues inertes, que j’arrivais à participer à leur calme béatitude. ”
Nicolas Martin, Poésies complètes... (3e édition fort augmentée… (1857)
“ Si quelqu'un doute cncor de cette herbe puissante, Qu'il lise mon sonnet, il dira comme lui. Une herbe guérissant la tristesse et l'ennui, Double rouille du cœur, sur le corps agissante. (Je vois venir déjà la troupe gémissante De ceux que ce mal ronge, et dont l'espoir a fui.) « Où se cache cette herbe? où? sur quel roc sauvage ? Sous quel rude climat? vers quel lointain rivage? Que sont, pour la trouver, fatigues et péril? » L'herbe que vous cherchez n'est déjà plus lointaine : Vous pouvez, comme moi, cueillir sans trop de peine L'herbe qui m'a guéri, l'herbe fraîche d'avril. ”
Maurice Rollinat,
Dans les brandes, poèmes et rondels
“ LE VER LUISANT Le petit ver luisant dans l’herbe S’allume cette fois encor À la même place ! Le cor Pleure au loin ; la nuit est superbe. Au doux âge où l’on est imberbe, Je l’admirais comme un trésor. — Le petit ver luisant dans l’herbe S’allume cette fois encor. Mais, dira le penseur acerbe : « Tout ce qui reluit n’est pas or ! » Moi, je réponds à ce butor, Que j’aime, en dépit du proverbe, Le petit ver luisant dans l’herbe. ”
“ Si je doutais de la bonté divine au point d’espérer autre chose que le néant, pour lequel je suis fait, je lui demanderais d’être l’herbe des champs que le pied foule et qui ne rougit pas, le marbre que le ciseau façonne et qui ne saigne pas, l’arbre que le vent fatigue et qui ne le sent pas. ”
J.-H. Rosny aîné,
Les Navigateurs de l’infini
(1925)
“ Si aucune plante ne répétait nettement une forme terrestre, toutes étaient à la ressemblance qui de nos herbes, qui de nos fougères, qui de nos arbustes, de nos arbres, de nos champignons, de nos mousses, voire de nos lichens et de nos algues. ”
Henry Trianon, Examen critique du Salon de 1833 (1833)
“ Que m'importe qu'un arbre ait tant de feuilles, si cet arbre affecte bien le caractère qui lui est propre? Que m'importe le nombre des brins d'herbes qui sont dans une prairie, si ce que j'ai devant les yeux vit d'ensemble et de nature. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Volupté
(1877)
“ « Passez souvent dans le sentier qui mène chez l'ami ; car autrement l'herbe y croîtra hérissée de broussailles. ”
Jean-Augustin Barral,
Trilogie agricole
(1867)
“ En etfet, analysez tel végétal qu'il vous conviendra, un arbre, une plante, une mousse, vous y trouverez invariablement quatorze éléments13 qui se divisenten deux catégories distinctes : tation sont éternelles; vous n'avez jamais fait et on ne fera jamais le moindre brin d'herbe artificiellement. ”
Albert Lozeau, Le Miroir des jours (1912)
“ Les nuances du vert aux branches balancées Sont comme une fraîcheur exquise pour les yeux. On voit les arbres fuir jusqu’au lointain des cieux, Ayant chacun sa teinte aux feuilles déplissées. Tout le long des maisons les cîmes vont, pressées. L’une est couleur de l’herbe au ton délicieux, L’autre, plus sombre, est comme un velours précieux, L’autre est pareille à l’eau des vagues apaisées. Une immense émeraude a, cette nuit, coulé Sur les arbres émus par l’azur étoilé, Comme une lente pluie inégalement verte. Et maintenant, heureux de leur neuve beauté, Les arbres, dont la grâce au soleil est offerte, ”
Charles Perrault,
Contes des fées
(1859)
“ — Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ « Ypwra ; ; Vulgate : herba et aussi fœnum. On trouve encore le nom yéréq, « verdure ; » Septante : ^Xtopâ. On rencontre tous ces noms réunis dans un seul verset, IV Reg., xix, 26. L’Écriture nous parle de l’herbe des champs, Gen., ii, 5 ; iii, 18 ; Exod., ix, 21, 25 ; x, 12, 15 ; de l’herbe des montagnes, Job, XL, 15 ; de l’herbe des vallées, II Reg., xvra, 5 ; de l’herbe des marais, Job, viii, 11 ; de l’herbe des toits, IV Reg., xix, 26 ; Is., xxxvii, 27. Au troisième jour de la création, la terre se couvrit d’herbes et d’arbres. Gen., i, 11, 12 ; ii, 5. La pluie fait germer l’herbe. ”
“ Et leurs habitants ont été sans force [103] , ils ont été terrifiés, et ont été couverts de honte ; ils ont été [comme] l’herbe des champs et l’herbe verte, [comme] l’herbe des toits et la récolte flétrie avant qu’elle soit en tige. ”
Paul Éluard,
Les animaux et leurs hommes: Les hommes et leurs animaux
“ On ne mène pas la vache À la verdure rase et sèche, À la verdure sans caresses. L'herbe qui la reçoit Doit être douce comme un fil de soie, Un fil de soie doux comme un fil de lait. Mère ignorée, Pour les enfants, ce n'est pas le déjeuner, Mais le lait sur l'herbe L'herbe devant la vache, L'enfant devant le lait. ”
Arthur Rimbaud,
Une saison en enfer
“ Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout; boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant,—comme faisaient ces chers ancêtres autour des feux. ”
Victor Hugo,
Les Chansons des rues et des bois
(1867)
“ Le soir on va dîner sur l'herbe; On est gai, content, berger, roi, 11 182 LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS Et, sans savoir comment, superbe, Et tendre, sans savoir pourquoi. Feuilles vertes et nappes blanches; Le couchant met le bois en feu; La joie ouvre ses ailes franches : Comme le ciel immense est bleu ! ”
Hippolyte-Adolphe Taine, La Fontaine et ses fables (3e éd… (1853)
“ Le botaniste nous laisse considérer dans une plante les feuilles et les fleurs tout ensemble, les sinuosités de sa forme, les nuances de ses couleurs, la di\ ersité des herbes qui l'environnent, la figure du sol où elle croît. ”
