Charles Augustin Sainte-Beuve

Charles Augustin Sainte-Beuve

Volupté (1877)

Résumé

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Volupté (1877)

J'appris de la sorte que c'est par les yeux que pénètre la blessure, et les préceptes rigides m'apparurent sensiblement dans leur exacte vérité: Tempérez vos yeux, munissez-les comme d'un cuir, ainsi qu'on fait aux mulets de peur qu'ils ne bronchent! Les yeux sont les fenêtres de l'âme par où entrent et sortent les traits !
Je me rappelai bien des fois, dans mon propre exemple, cette rechute d'Alipe aux jeux du Cirque, lorsqu'entendant un grand cri, et malgré sa résolution de ne pas voir, il ouvrit pourtant les yeux, et qu'en ce clin d'œil involontaire toute la cruauté rentra dans son cœur.
Source : Gallica

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Volupté (1877)

Sur cette figure sillonnée de rides, sans trace de sang et comme morte, de madame de Cursy, apparaissait le calme céleste, mérité dès ici-bas, la possession acquise de l'impérissable port au sein des tempêtes. A côté d'elle et de ses religieuses, l'idéale figure de sa nièce me peignait l'amour pur encore, l'amour ne se passant plus pourtant de simulacre humain et d'appui, mais, moyennant cet appui d'un cœur qu'il réclame, se faisant aussi, dès cette vie, un port, un cloître, une sécurité sainte, une ignorance profonde.
Source : Gallica

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Volupté (1877)

Pèlerin courbé et saignant, vous me verrez porter la cendre du sacritice au haut de cette même colline où naquit mon désir : le marquis et moi, appuyés l'un sur l'autre, nous la monterons !
Et pourtant, un inexprimable regret se mêle à la pensée du premier charme. Les hommes, dont la jeunesse et l'adolescence se sont passées à rêver dans des sentiers déserts, s'y attachent et y laissent, en s'en allant, de bien douces portions d'eux-mêmes, comme les agneaux leur plus blanche laine aux buissons. Ainsi, hélas ! je laissai beaucoup à la bruyère de la Gastine ; ainsi surtout à celle de Couaën.
Source : Gallica

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