Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Œuvres de jeunesse

SMARH.
Mieux vaudrait le néant!
SATAN.
Il existe, le néant, car la science n’est pas. Veux-tu monter encore? Veux-tu avancer toujours? Oh! l’horrible mystère de tout cela, si tu le connaissais! ta peau deviendrait froide, et tes cheveux se dresseraient, et tu mourrais, épouvanté de tes pensées.
SMARH.
Oh! non, non, j’ai peur! cet infini me mange, me dévore; je brûle, je tremble de m’y perdre, de rouler comme ces planches emportées par les vents et de brûler comme elles par des feux qui éclairent; assez! grâce!
SATAN.
Cependant je t’aurais poussé bien loin dans le sombre infini.
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Œuvres de jeunesse

Il s’ennuie, il a l’âme pleine et vide comme un ballon rempli d’air.
Non! tout cela, toutes ces beautés sans nombre, toutes ces délices inventées, il n’en veut plus; il reste [p. 99] là sur le flanc, ivre mort, le dégoût plein le cœur, le corps fatigué, l’œil morne et béant; la volupté le lasse, elle l’a remué, chatouillé, irrité, puis elle l’a pris, l’a brisé comme un roseau, et l’a jeté ensuite dans la satiété et l’ennui, l’ennui brut et mort comme une chape de plomb qui couvre l’âme et l’écrase.
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Œuvres de jeunesse

Oui, je t’aime ! je t’aime ! tu vois bien que je renais, que je vis, tu vois que le soleil reparaît, que l’herbe pousse sur les coteaux, que les fleuves coulent encore ; oui, je t’aime ! Ô mon Dieu, mon Dieu, j’avais douté, j’avais pleuré, j’avais maudit, j’avais vu le monde passer comme une chaîne de squelettes dans une danse de l’enfer, et je n’avais pas compris ! Mais la providence se déroule à mes yeux, voilà l’aurore qui vient, l’horizon se déroule, s’avance, et laisse voir au fond quelque chose de resplendissant et d’éternel ; oui, je t’aime !
Source : Wikisource

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